‹ Le Sahara algérienChapitre 61 sur 92 · PARTIE OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

PARTIE OCCIDENTALE

ROUTE

DIRECTION GÉNÉRALE DU NORD AT7 SUD-OUEST

La route que nous allons donner n’est point directe : ce n’est point celle que devraient suivre des voyageurs que des besoins quelconques appelleraient dans la circonscription de Tidikelt; nous ne l’avons prise que pour embrasser un plus grand espace de terrain , que pour voir le pays; nous donnerons l’autre plus loin. Par celle-ci, nous voyagerons en touristes; par l’autre, en marchands.

D’Alger à Sidi Bouzid on compte quatre-vingt-trois lieues, faites ordinairement en onze étapes, que nous avons indiquées plus haut ( Route d’Alger à Ouargla). Nous commencerons donc ici à compter du douzième jour. :

lieups.

12e jour en quittant Sidi Bouzidi on tourne à l’ouest et l’on entre dans le Djebel A’mour que l’on traverse dans toute sa longueur de l’est à l’ouest,

et l’on atteint El R'icha . 9

13e . . .de El R'icha à El H'amouïda, en suivant la montagne

D’ALGER A INSALAH'.

DJEBEL A’MOUR

Le Djebel SalVri arrivé à hauteur de Sidi Bouzid, prend une plus grande élévation, et sétend, par une succession de pics et de vallées, sur un espace de quinze lieues en longueur et de huit à dix lieues en largeur. Ce pâté prend le nom de Djebel A’mour. Sidi Bouzid est donc son point de départ à Test; il est borné , à l’ouest, par un pic très-élevé, que l’on appelle Touïla Mta el Makena.

Des sources et des rivières nombreuses jaillissent dans les plis intérieurs du terrain, et, de ravins en vallées, s’écoulent hors des deux versants, par des gorges, des pentes douces légèrement ondulées ou des anfractuosités rocheuses.

Toutes ces eaux rendent la végétation si active que l’ensemble de la montagne a, de loin, l’aspect d’une forêt, mais fortement accidentée, et dont la physionomie pittoresque est esquissée par les lignes hardies de quelques pitons très-élevés. Les arbres y sont si pressés sur certains points, et les buissons si fourrés, qu’on ne peut s’y frayer un passage; çà et là , la place est vide et forme d’immenses clairières, où campent les tribus. Les chênes verts et les chênes à glands doux y dominent. On y trouve des pins d’une si grande hauteur qu’on pourrait en faire des mâts à nos vaisseaux, des betfom ( térébinthes ) , dont quelques - uns , dit - on , couvrent trente cavaliers , et dont le fruit se mange

DJEBEL AMOUR

mêlé avec du lait , ou , pressé , donne de l’huile ; de grands arbres appelés taga, d’autres appelés arar, qui donnent de la résine, dont on se sert pour goudronner les chameaux. Auprès des fontaines et des rivières s’élèvent des trembles magnifiques, safsaf. Les vergers sont plantés, pêle-mêle, de pommiers, de poiriers, de pêchers, d’amandiers; on cultive dans des jardins les melons, les pastèques, les concombres, les navets, les ognons , etc. , et les vallées fournissent, en temps ordinaire, aux habitants, du blé et de l’orge en quantité largement nécessaire; mais, en temps de disette, ils sont forcés de recourir à leurs voisins du sud pour avoir des dattes, et aux tribus du Tell pour avoir des grains.

Tous les versants intérieurs et extérieurs de la montagne, quand ils ne sont pas couverts d’arbres, sont parsemés de buissons de myrtes, de lentisques, et surtout de cédrats que les chameaux mangent avec avidité.

Les espaces nus, où l’on mène paître les troupeaux, fournissent des herbes abondantes, a’cbeb , alfa, chieh'.

Quelques villages dispersés sur le Djebel A’mour, et généralement assis à la source ou sur le bord des rivières, outre qu’ils ont leurs habitants sédentaires, sont encore des greniers où les fractions de la tribu des Ouled A’mour, qui peuplent la montagne et vivent sous la tente, déposent leurs grains.

Les villages et les rivières du versant nord sont, de l’est à l’ouest :

D’ALGER A INSALAH'.

Sicîi Bouzid, de cinquante ou soixante maisons , situé à la corne Est du Djebel. Ses habitants, qui prennent le nom de H'al Sidi Bouzid, sont marabout' ; ce village n’est remarquable que par une k'oubba (marabout') en grande vénération dans le pays.

L’Oued Mok'ta’ prend sa source un peu au sud de ce village, et va se jeter dans l’Oued Beida, qui descend de huit lieues plus à l’ouest; réunies, elles s’appellent Oued Taguin , et, selon les Arabes, forment la source du Chelif.

A quelques lieues de Sidi Bouzid, dans la montagne, se trouve un groupe d’une vingtaine de maisons : c’est le k'sar appelé A’ flou, auprès duquel sort une source qui prend le même nom, s’appelle, un peu plus au nord, Oued el Medçous, et va se jeter dans l’Oued Beida.

A quatre lieues d’A’flou est situé Tadmama, k'sar de vingt-cinq ou trente maisons; il donne son nom à une source qui va se jeter dans l’Oued Medçous.

A cinq lieues de Tadmama, se trouve un endroit remarquable par sa végétation, appelé Ras el A’ïoun (la tête des sources), et d’où s’échappent plusieurs filets d’eau très-abondants qui, encaissés dans le même lit, prennent, en sortant de la montagne, le nom d’Oued el Goubab, reçoivent l’Oued Tadmama et forment l’Oued T'ouï!. A l’ouest de Ras el A’ïoun , deux sources, appelées BeridaetTamellaket, serpentent dans la montagne, où elles meurent en formant des marais.

DJEBEL A MODIE

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