‹ Le Sahara algérienChapitre 85 sur 92 · ROUTE DE EL BIOD A TIMIMOUN · texte numérisé non relu

ROUTE DE EL BIOD A TIMIMOUN

DIRECTION GÉNÉRALE DU NORD AU SUD-OUEST

lieues.

1er jour, à Tizemert, simple lieu de station dans la plaine. 9 2* . . . sur l'Oued R'arbi . 9

L’Oued R'arbi descend des A’rbaouat et va se perdre dans les sables au pied des a’reg de Gueléa.

A trois ou quatre lieues ouest de l’Oued R'arbi se trouve un petit hameau d’une dizaine de maisons , appelé El Benout. 11 est alimenté par une source nommée El Mengoub. Les Ouled Sidi

Cheikh R'araba y déposent leurs grains.

3e ... à Kebach ou Matzer, simple lieu de station. ... 9

4° . . . dans la plaine de H'abilat , à Terba , simple lieu

de station . 9

En quittant Terba , on commence à trouver des mouvements de sables , peu élevés , mais très-

nombreux : les Arabes les appellent K'oudiat.

5* ... à El Faïdja , simple lieu de station . 9

6* ... au pied des a’reg de Gueléa . 9

7e . . . ] on traverse les a’reg jusqu’au puits de Si

8’ . . . [ Moh'ammed Moul el Gandouz , situé dans la

9e . . . ) plaine de A’mguiden . 11

10e . . .au puits nommé H'assi el H'amar . 12

11e ... à Timimoun . 12

Total,

TRIBU DES CHAMBA.

ROUTE DE METLIL1 A TIMLMOUN.

DIRECTION GÉNÉRALE DE l’eST A l’oUEST.

Nous sommes dans le pays de la grande tribu des Chamba ; avant de nous y engager, nous allons en étudier les habitants.

TRIBU DES CHAMBA.

Elle habite les environs de Ouargla, Metlili, Gueléa. Ceux de Ouargla prennent les noms de Chambet bou Rouba. Voici leurs fractions :

Üuled Ismaïl.

Ouled Bou Bekker.

Douï.

Ouled Ferredj.

Ouled Bou Sa’ïd.

Ouled Zeït.

Ceux de Metlili prennent le nom de Berazga. Voici leurs fractions :

Ouled H'anech.

Ouled A’mer.

Souaïah'.

Ouled Ma’mer.

El H'aouamer.

Souïdïat.

Ouled Brahim.

TRIBU DES CHAMBA.

Ouled Mouça.

Ouled Sidi Zir'en.

El Cherfa.

Ouled ATlouch.

El Guemara.

Ceux de Gueléa prennent le nom de El Mad'i. Voici leurs fractions :

Ouled Zeït.

Ouled A’ïcha.

Ouled Ma’mer.

Ouled Ferredj.

Ouled Sid el H'adj Iah'ïa.

Les Cliamba se disent originaires de la province d’Oran et, selon la chronique, sont issus d’une même famille ; elle campait dans le T'ell et se composait de sept frères. Le plus jeune, comme Benjamin, et peutêtre pour la même raison, était détesté des six autres. Il se nommait Tamer ben Toullal ; le père de tous étant mort, Tamer, pour échapper aux vexations nouvelles qui allaient l’assaillir et qu’avait jusque-là modérées l’autorité du chef de la tente, partit un jour avec sa femme, ses petits enfants et quelques serviteurs, qui guidaient au hasard ses troupeaux vers le sud. Un demi-frère, nommé Trif, chassé comme lui par la haine jalouse de ses aînés, le rejoignit bientôt après, et tous deux vaguèrent dans la montagne et dans la plaine, cherchant un lieu propice où planter leurs tentes.

6’ était F été : le soleil avait desséché toutes les sources : les Oued n’étaient plus que des ravins sans eau : ces

TRIBU DES CHAMBA.

pauvres exilés, haletants de chaleur et de fatigue, allaient mourir de soif, hommes et troupeaux, quand Tamer vit revenir à lui sa levrette toute mouillée ; son instinct lui avait fait découvrir l1 Oued Metlili ; elle y guida son maître et la petite caravane s’y établit. Tamer bâtit à l’ouest, Trif à l’est; les deux familles prospérèrent, s’ unirent par des mariages, multiplièrent, élevèrent une ville qui prit son nom de la source sur laquelle elle est située, et groupèrent leurs tentes sous ses murs. Pour perpétuer la mémoire de la levrette, qui s’appelait A’mba, la tribu nouvelle se donna le nom de Chamba.

Quoi qu’il en soit de cette tradition généalogique, il paraît constant que la tribu entière des Chamba était autrefois réunie sur le territoire de Metlili ; mais, soit qu’elle ait gagné en nombre et que des émigrations fussent devenues nécessaires, soit que des intérêts divers aient appelé quelques familles autour de Ouargla et de Gueléa, les trois grandes divisions que nous avons données se sont peu à peu établies près de ces trois villes.

Malgré cette séparation, toutes les fractions sont restées en bonne intelligence et se sont toujours prêté un mutuel appui dans les circonstances difficiles. Leurs ennemis communs sont les Béni Mzab, les Sa’ïd atba de Ouargla, les A’rba, les H'amian, les Douï Menïa et les Touareg. Leurs guerres ne sont presque jamais que des coups de main, des Pazia ; mais ils pourraient, au besoin, mettre sur pied :

TRIBU DES CHAMBA. 311

Ceux de Metlili, 50 chevaux et 1200 fantassins;

Ceux de Gueléa, 15 ou 20 chevaux et 300 fantassins ;

Ceux de Ouargla, 50 chevaux et 1200 ou 1500 fantassins.

Comme tous les fantassins du désert , ceux des Chamba se transportent au point de F expédition montés sur des chameaux.

Si un danger commun les menace, ou si une des trois grandes fractions est insultée et n’est pas assez forte pour venger son injure sans le secours des autres, toutes se réunissent en un lieu désigné et là, à la face du ciel, elles se jurent assistance sur le livre de Sidi A’bd Allah', par ce serment consacré : « Nous « mourrons ta mort, nous perdrons tes pertes, nous « ne renoncerons à la vengeance que si nos enfants, « nos biens sont perdus, et nos tètes frappées, » et ils partent pour des expéditions quelquefois très-lointaines, jusque chez les Touareg du Djebel H'oggar, ce qui paraît incroyable ; mais ces gens-là, comme presque tous les habitants nomades du désert, sont par nature et par habitude infatigables ; élancés, musculeux, d’une sobriété que peuvent satisfaire quelques dattes, un peu de farine délayée et roulée en boulettes dans le creux de la main , et deux tasses d’eau, l’une le matin l’autre le soir; d’une perspicacité qui rappelle celle des vieux Mohikans , la nuit, ils se guident par les étoiles, le jour par des points imperceptibles pour tout autre

TRIBU DES CHAMBA.

que pour eux, et, sans route frayée, ils vont ainsi dans les sables, sans jamais s’égarer, aussi loin que la guerre les appelle, et partout où il y a un marché important. « Dans nos combats, nous disait l’un d’eux, la femme, « nous ne la dépouillons jamais; l’ennemi mort, nous <c ne lui coupons point la tête; l’ennemi blessé, nous « le respectons , et nôus n’abandonnons jamais les t( nôtres. » Ils passent, en effet, pour très-braves et très-hospitaliers.

La tribu entière vit , partie sous la tente et partie dans ses trois villes, sur le territoire desquelles elle est propriétaire de dattiers, de jardins, de vergers. Mais sa richesse principale consiste en immenses troupeaux de chameaux et de moutons. Naturellement portés aux excursions et au commerce, les Chamba courent les marchés.

De Temacin.

De R'damês.

Du Tidikelt ,

De Timimoun ,

Du pays des Ouled Sidi Cheikh.

De A’ïn Mad'i.

dans le Touat.

De El A Vouât'.

Et cela, soit pour leur propre compte, soit qu’ils aient loué leurs chameaux aux marchands leurs voisins, ou qu’ils se soient chargés du transport des marchandises d’un lieu à un autre.

De leurs provenances à eux , ils portent sur ces marchés :

TRIBU DES CHAMBA. 313

Des chameaux et des moutons engraissés pour la boucherie.

Du beurre de brebis.

De la laine.

Des bernous , ) 0 , . . „

, > fabriques par leurs temmes.

Des djellaba, )

Des douros d’Espagne qu’ils thésaurisent, et dont ils se défont avec bénéfice.

Des dépouilles d’autruche, produit de leurs chas» ses , car ils sont grands chasseurs.

La tribu a d’ailleurs, sous latente, son industrie : des forgerons y font des pioches, des couteaux, des faucilles, des instruments pour tondre les moutons, des fers à cheval, etc.; des armuriers y raccommodent les armes; toutes les femmes apprêtent les laines, les poils de chèvre et de chameau, et les tissent en léaïlv , bernous, tentes imperméables, etc., avec des métiers apportés des villes par le voyageur de la famille.

Sous la tente encore on fait, avec de l’alfa, ou avec des feuilles de dattiers, des nattes, des grands chapeaux, des cordes pour tirer l’eau des puits, pour attacher les chameaux et les chevaux , des sacs pour charger les bêtes de somme, etc. On fabrique le peu de poterie indispensable ; on recouvre les selles en peau de chameaux ; on fait des chaussures ou on les raccommode ; des outres goudronnées à l’intérieur pour mettre l’eau et le lait ; on prépare des peaux de boucs pour emporter les provisions de voyage, des seaux en cuir tanné de chèvre ou de brebis, etc. Ce que nous disons ici des

METL1LI.

Chamba peut, au reste, s’appliquera presque toutes le tribus.

On retrouve chez eux également cette légèreté de mœurs qui caractérise les peuplades du Sahara, et cette poésie native qui distingue les Arabes. « Ils aiment les « chants, la musique, les femmes, la poudre et, parte dessus tout, l’indépendance. » Nous donnons cette phrase telle qu’elle nous a été donnée par dix d’entre eux.

A’bd el K/ader n’a jamais pu tirer aucun parti des Chamba, quoique presque toutes les tribus du désert eussent à peu près reconnu son autorité. Pendant qu’il tenait le siège devant A’ïn Mad'i, il fit sur eux une r'azia de 2500 chameaux; la soumission, ou au moins un semblant de soumission s’ensuivit; les principaux chefs vinrent trouver l’émir et lui faire de belles protestations de fidélité. Il rendit les chameaux; mais avec eux disparurent leurs maîtres qu’il n’a jamais revus.

METL1LI.

Metlili est située sur un mamelon qui domine l’Oued Metlili. Sa muraille d’enceinte, en mauvaise maçonnerie, est crénelée, et ouverte par trois portes, Bab el Dali'raoui, Bab el Djara et Bab el A'rbi. Elle est entourée, excepté du côté de l’est, de jardins qui s’étendent à plus d’une demi-lieue. Elle a une mosquée, un marché qui

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