‹ Le SaharaChapitre 104 sur 346 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

l'évaporation

latensUé de l'évaporation au désert. — Difficulté de comparer les chiffres obtenus. — Rupture d*équî]ibre entre l'évaporation et la quantité de pluie tombée. — L'évolution vers le désert; disparition des fleuves et des lacs. — Exemple actuel : le dessèchement périodique des rivières de l'Atlas.

Concentration et salure des eaux de surface. — Ghotts et sebkhas, leurs divers aspects. — Ghotts humides : boues et fondrières. — Cristallisation du sel à la surface de Teau : fosses de Bilma, cbotts tunisiens. — L'évaporation dans les autres déserts.

La sécheresse de Tair n'influe pas seulement sur la température. Unie à la chaleur dans une action commune, elle prend au sol, par évaporation, le peu d'humidité qu'il renferme. L'évaporation a lieu partout à la surface de la terre, mais non avec la même intensité. L'air ne pouvant contenir à une température donnée qu'une certaine quantité de vapeur, la quantité d'eau évaporée ne peut être grande, si cette température est peu élevée. Elle est le plus intense lorsque le maximum de chaleur se trouve uni au minimum d'humidité relative : ce qui a lieu au désert.

On a quelquefois mesuré l'évaporation au Sahara. La mission Flatters a trouvé, en 1880, comme moyenne d'évaporation à l'ombre :

garni 7 par 12 heures pendant la première quinzaine de mars', gmm 4 — pendant le mois do mai,

et comme maximum absolu :

iS"™"™ par 12 heures le 9 avril ».

i . Béringer, Documentt relatifs^ p. 126.

2, La température étant de 36 à 36,S<> C. (ouvr. cité, p. 162).

L'évaporation est naturellement encore bien plus forte au soleil. A Tebalbalet (Ighargharên), l'évaporation a été de 29"" par 12 heures le 27 avril, jour de grand vent et de très faible humidité*. Au Caire, on a mesuré une évaporation annuelle de 2™, 29', ce qui serait à peu près le triple de l'évaporation observée à Paris. Malheureusement, bien des évaporomètres de types différents sont en usage, et tous ces chiffres ne sont pas comparables. Il suffit de rappeler que le chiffre de l'évaporation annuelle à Rome est supérieur à celui obtenu au Caire', ce qui est a priori parfaitement invraisemblable. 11 est certain, dès à présent, que les petits instruments, et ceux dont les parois latérales se trouvent à l'air libre,donnent des résultatsinfiniment trop forts*. Ainsi s'expliquent peut-être les chiffres fantastiques obtenus au Mzab par M. le D*" Amat^ : 161"*™ d'eau évaporés en 24 heures, et 14 mètres en six mois. Nachtigal était certainement plus près de la vérité lorsqu'il évaluait à 3 mètres par an, d'après le débit des rivières, la tranche d'eau qui s'évapore à la surface du Tchad®. Comme on compte au Tchad trois mois de mousson humide, l'évaporation doit être plus intense encore au désert. ^

Quoi qu'il en soit, un fait paraît hors de doute : au Sahara l'évaporation possible dépasse de beaucoup la hauteur de pluie qui tombe; il y a donc rupture d'équilibre et dessèchement progressif. C'est là un fait de grande portée, car il explique toute la genèse du désert. Il fut un temps où le Sahara était une des contrées les plus humides de la terre. Des masses d'eau torrentielles ruisselaient sur ses pentes et se creusaient les larges lits que nous voyons

1, Ibid. Par temps de sirocco.

± Fischer, Studien ûber das KUma der Mitlelmeerlànder, p. 29. 3. Fischer, ibid.

i. Buys-Ballot. Ueber die Verduntiung einer WaiseroberfLàchCf Oester. Met. Zettsch,, 187:2, p. 2i3, etc.

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