‹ Le SaharaChapitre 110 sur 346 · Tissot, ibid., p · texte numérisé non relu

Tissot, ibid., p

— il8 —

Quoi qu'il en soit, c'est l'évaporation qui a créé les sebklias et les chotts. C'est elle qui a accumulé dans les creux du Sahara des quantités do sel qui se chiffrent par millions de tonnes. A de si grands effets on cherche une grande cause, et il n'est pas étonnant qu'on ait d'abord songé à la mer. Mais une mer même n'eût pas, en s'évaporant, déposé des couches de sel aussi puissantes. Il a fallu que, durant des siècles, des nappes d'eau saumâtre soient venues s'offrir à l'évaporation qui les concentrait, pendant que les crues d'orage lavaient les terrains de la surface, puis mouraient dans les bas-fonds en y laissant leurs sels.

Les fleuves morts, les lacs amers et les chotts du Sahara sont ainsi les conséquences inévitables de son climat. Aussi les retrouve-t-on avec les mêmes caractères partout où s'est créé un désert. De blanches nappes de sel émaillent les plateaux de l'Iran jusqu'à plus de 4 000 pieds d'altitude*; le désert de Loût a son fleuve desséché, le Khouss, tranchée profonde, qui de mémoire d'homme n'a pas été remplie*. Les marais du Zaïdam sont couverts par endroits d'une croûte de sel dure et polie comme la glace. On dit que dans l'Ala-Chân, les dalles salines ont plus d*un mètre d'épaisseur*. Les rivières qui descendent vers le Kalahari s'égrènent en cordons de mares saumàtres comme les otied qui sortent de l'Atlas. Les Ma-Kari-Kari ou bassins fermés de cette partie de l'Afrique sont des sebkha inondées une fois par an en moyenne, et le reste du temps couvertes de sel *. Le lac Torrens et le lac Eyre ne sont autre chose que de grands chotts australiens. € Je trouvai, dit Eyre en parlant du lac Torrens , le fond du lac entièrement revêtu d'une couche de sel resplendissante. Elle cédait

1. Tieize, Zur Théorie der Entttehung der Salzsleppen, Jahrb, geol. Reichsanstalt, Wien, 1877, p. .345.

Page 1