Bévue Scient., 4877, U, p. AU
face de Teau, et forme avec la poussière et le sable que le vent amène, une croûte blanchâtre ou grisâtre, selon la proportion du sel... Dans les endroits abrités, Teau se couvre, en été, d'une mince couche de sel très pur, tout à fait semblable à une couche de glace*. »
« Cette eau est si salée, écrit de son côté M. Rohlfs, qu'en quelques jours l'évaporalion intense fait naître à la surface une croûte épaisse de plusieurs pouces, qu'on brise et dont on pêche les morceaux. Le sel recouvre ici la surface de l'eau comme ferait une couche de glace... La cristallisation est si rapide, que ces fosses restreintes fournissent de sel une grande partie du Soudan'. » Du reste on se procure du sel pur de la même manière dans certaines régions du Djérid. « Les indigènes creusent dans toutes les directions des tranchées de 1"*,50 de profondeur, que l'eau remplit aussitôt par infiltration, et à la surface desquelles le sel cristallise rapidement*. » Ces témoignages sont concluants: il faut bien admettre que le sel peut se former à la surface de l'eau sous l'évaporation intense du désert. Mais de là à supposer un lac entier caché sous la croûte salino, il y a loin. Qu'on trouve çà et là une nappe d'eau sous le chott, rien de moins étonnant, rien de plus naturel même, puisqu'il est sans cesse alimenté par les nappes souterraines de TAtlas. Mais Tissot a pu se faire illusion sur l'étendue de Tabime qu'il a sondé. Ici comme ailleurs, il est probable que les boues salées dominent. Tissot lui-même mentionne des crevasses où il n'y avait que quatre à cinq pieds d'eau sur du sable mouvant*. Les terres d'alluvion doivent même tenir une assez grande place : comment expliquer autrement les nombreux puits et sources* par lesquels l'eau douce affleure au milieu du chott?