Rolland, Ann. Soe. Méteor,, art. cité, p. ilO
les habitants *, mais le fait en lui-même est indéniable. De nombreuses sources ont disparu, des rivières se perdent en route, le fleuve Orange lui-même a diminué de volume *. Dans le Grand Namaqua, les acacias qui garnissent les ravins sont en train de disparaître, par suite do l'absence de rejetons ». Mêmes observations dans les déserts de TAsie. Au Turkestan, TAtrek, autrefois large de 100 à 200 mètres, n'est plusquun ruisseau de deux à quatre mètres, et ses eaux n'arrivent plus à la Caspienne en toute saison \ Le Gobi a peut-être lui aussi ses lacs et ses rivières nomades qui reculent vers l'amont. Le désert semble s'accentuer dans le Nouveau-Monde. La mission Wheeler a trouvé sur les mesas ou tables stériles du Nouveau-Mexique, un grand nombre de fourmilières intactes, mais abandonnées : les insectes ont émigré parce qu'il n'y a plus d'herbe. Des districts, que les Espagnols nous ont décrits il y a trois cents ans conjme fertiles, sont maintenant des plaines de sable; la population s'est déplacée de la plaine vers la montagne pour retrouver des conditions favorables à la culture ». Il semble donc, et c'est là le coté juste de la théorie de M. Fischer, que les déserts soient en proie à une aridité croissante. Est-ce le climat qui change? Nullement, c'est Tévaporation qui se poursuit. Du moment que l'équilibre entre l'évaporation et les pluies est rompu, le désert ne peut que s'accentuer dans la suite des âges. Sans doute, il peuts'y produire des oscillations climatériques, par suite de perturbations prolongées des grands courants de l'atmosphère. C'est ainsi que l'état anormal de l'Europe pendant l'hiver de 1879-80 s'est répercuté sur le Sahara sous
1. M. K. Dove a prouvé par les statistiques que depuis 1842 il est impossible de -constater une diminution de la quantité annuelle de pluie (Klima dei aussertropisehcn SiUl'Afi ikd, p. lo2-53).
2 Lichtenstein, Reisenin Sud-Af» ika, \, p. 159. — Andersson, Lake Xtfami, p. 32i. — Hugo Hahn, MiUheiL, 1873, p. 96, etc.