Histoires^ IV, chap
2. Schweinfurth, Noiizen zur Kenntniss dei' Oase El-Cliargeh, MilUieil . 1873, p. 385-388.
3. Au Ilassi-el-Rhatmaïa, dans les dunes au sud d'Ouargla. Un de ces œufs se trouve au musée de Saint-Germain.
4. Rabourdin, Mémoire sur les âget de pierre du Sahara centrait Documents relatifs à la mission Flatters, p. 2iâ.
5. Roche, Rapport géologique. Documents relatifs, etc., p. 2li.
Mais il est un fait plus probant que tout cela : Texistence même de la flore saharienne. Parmi les plantes d'une organisation toute spéciale, qui trouvent moyen de vivre sur le sol ingrat du désert, beaucoup se retrouvent au Maghreb, en Orient, en Italie, en Espagne; mais il en est un certain nombre — environ le cinquième des espèces du Sahara de Constantine * — qu'on a cherchées vainement dans le reste du monde: ce sont évidemment desespèces indigènes, qui ont pour patrie Ip grand désert africain. Dès lors, est-il vraisemblable, est-il admissible que ces espèces singulières, qui n'ont pas leurs pareilles dans les autres pays, se soient développées dans les temps historiques sur le sol du désert? Ne faut-il pas, au contraire, pour amener la naissance d'une flore particulière, Faction prolongée et continuelle du climat durant un grand nombre de siècles, et des conditions d'existence stables de temps immémorial? Et l'existence d'une flore de ce genre à la surface d'un désert n'est-elle pas la meilleure preuve de son antiquité?
Enfin, et ce n'est pas la moindre objection à faire aux partisans du changement de climat, on ne peut concevoir quelle en aurait été la cause. MM. Largeau et Lenz ont nommé le déboisement*. Ils se sont fait illusion sur la portée des forces humaines. Le déboisement peut certes dépeupler une région; il diminue les sources, fait disparaître la terre végétale, change en un désert de pierres des vallées jadis cultivées. Mais c'est là une sécheresse artificielle et locale. Elle a pu s'ajouter à la sécheresse climatérique dans telle ou telle partie du Sahara; ce n'est pas elle qui a créé le Grand Désert '. M. Fischer s'est gardé d'appeler le déboisement à son secours : il aime mieux convenir qu'il n'a encore
1. Espèces spéciales au Sahara relevées dans la province de Conslantine : 74 (Gosj-od, Le régne végétal en Algérie, Bev. ScienL, 1819, I, p. i'ili),
2. Le Sahara algérien, Paris, ^881, p. 424. — Timbouetou, il, p. ;^70 et suiv.
3. SupHD, Physische Erdkunde, p. 433. — • L'homme n'est pour rien dans le dessèchement du Sahara » (De Lapparent, Traité de géologie^ 1885, p. 4278).
trouvé a aucune explication tant soit peu plausible* ». Mais cet aveu d'impuissance est la condamnation de son système.
Un Sahara lertile ne se conçoit pas sans un autre régime atmosphérique, et un changement de climat, sans une révolution correspondante du relief terrestre '. Or quelle apparence y a-t-il que la forme des continents ait change depuis le roi Juba"? D'ailleurs il semble bien que le régime atmosphérique ait été le même. L^s vents étésiens soufflaient alors comme aujourd'hui, semant à peine un nuage dans le bleu sombre du ciel. Si les causes aériennes du désert existaient déjà, leur effet devait être le même.
Est-ce à dire que le Sahara d'alors ait été exactement tel qu'on le voit aujourd'hui? Ce serait tomber dans l'exagération contraire. Si les faits cités plus haut ne permettent pas de conclure à un changement de régime, ils n'en indiquent pas moins que la sécheresse s'aggrave peu à peu. A la disparition de certaines sources du Mzab correspond le dépérissement de certaines espèces végétales. Parmi les grands gommiers qui croissent dans TErg on ne trouve presque pas d'arbres jeunes'. « Les beaux betown que nous avons vus dans la région des Daya sont tous vieux, pas un jeune, soit que les conditions naturelles, soit que la dent des troupeaux ne leur permettent plus de se reproduire*. » Ainsi le Sahara, si stérile qu'il ait toujours été, le devient toujours davantage. [1 y a plus. Il semble que ce soit le cas de tous les déserts. L'intérieur de l'Afrique australe est en voie de dessèchement. La marche du phénomène est très lente, quoi qu'en disent
i. Eine irgendwie stichhaltige Erkiarung (ai'l. cité, p. i).
2. f Les vents, qui produisent la sécheresse ou l'humidité, dépendent avant tout de la distribution des mers et des terres, et leurs changements de régime doivent coïncider avec des variations d'ordre géographique. • (De Lapparent, ibid.)
'A Communication de M. Foureau.