Rolland, Géol. du Sahara, p
4. Plaine de Tayla, Oaed Gbarbi, plaine de Mourzouk (Rolland, ibii , p. 236}.
en détail, avait cru que de telles masses n'avaient pu être déposées que par la mer*. Mais la plupart des géologues sont arrivés à des conclusions opposées. L'altitude considérable d'une grande partie des dépôts alluvionnaires*, jointe à ce fait qu'il n'y a pas trace d'une émersion correspondante des côtes ', l'absence presque générale de stratification qui fait croire que ces matières ne se sont pas déposées dans une nappe d'eau tranquille *, la composition du sel des chotts, qui ne répond pas à celle des résidus d'eau de mer ^ ; enfin la faune fossile des terrains en question, oii dominent les coquilles fluviatiles d'eau douce, associées à des cardium d'eau saumâtre^, tout semble exclure l'hypothèse d'une mer quaternaire'. Il ne pourrait y avoir doute que pour les environs des chotts, où M. Desor a trouvé près du Soûf deux coquilles marines dans un terrain stratifié, découverte dont la valeur a été d'ailleurs contestée'. Dans le reste du Sahara
1. Exploration géol. du Mzab, du Sahara e< de la région des steppes de la province d'Alger, Paris, 1872, 4», p. il 5.
2. Eaviron 375 mètres daas la plaine de Timassinine, 850 à 900 mètres dans le Sud Oranais.
3. « Un cordon presque continu de dépôts côtiers marins, étendu sur presque tout le littoral atlantique et méditerranéen, prouve qu'à Fépoque quaternaire ce littoral était peu différent de ce qu'il est aujourd'hui. > (Pomel, Le Sahara, p. 263). — Id. Rolland, Rev. scient,, i88i, II, p. 716.
4. Pomel, ouv. cit., p. 199. — Grad, Considérations sur la géologie du Sahara algérien. Par., 1873, p. 8.
5. Dans la plaine do Badja, ce sel contient jusqu'à 65 0/0 de soude. (Le Chatelier, Rev, scient., 1877, ï, p. 659 )
6. « La faune des terrains lacustres de Toued Rir ne comprend que des coquilles d'eau douce et d'eau saumàtre. » (Rolland, art. cit., p. 708.)
Il en est de même du bas-fond d'Ouargla, avec addition du cardium, {Géol, du Sahara, p. 101.) Cette coquille, qu'on trouve un peu partout au Sahara algérien, est une variété du Cardium edule qui vit indistinctement dans l'eau salée et l'eau saumâtre, car on le trouve dans les lagunes de nos cotes et de la mer Noire. (Tournouer, Associât, franc, pour l'avancement des sciences, 1878, p. 615.) M. Foureau a trouvé dans une cuvette de l'Erg une coquille d'eau douce accolée à un cardium. {Une mission en Tademayt, Paris, 1890, p. 32.)
7. C'est aussi la conclusion de M. de Lapparent. [Traité de géologie, Paris, 1885, p. 1279.)
8. Pomel, Géologie d? la province de Gabés, Assoc. avanc. sciences, 1877, p. 505. Tournouer, art. cit., p. 615-21.
deux régions seulement prêtent à controverse. Une série de dépressions peu étendues, mais profondes (10 à 70 mètres au-dessous du niveau de la mer), s'étend au sud des plateaux de Barka et de la Marmarique, qu'elle limite nettement comme un fossé *. Cette cote négative et la salure du sol ne seraient pas un argument, si la présence d'un poisson méditerranéen vivant {Cyprinodon dispar) et d'un mollusque également méditerranéen dans les étangs salés de Siouah et de Garah ne constituait une présomption sérieuse*. D'autre part, M. Quiroga a traversé dans le Sahara occidental, un peu à l'est du Rio de Oro, une zone de calcaires et de marnes à hélix dans lesquels il a cru reconnaître une formation quaternaire marine ^ Mais de toute façon, il ne s'agit là que de portions bien restreintes de l'immense Sahara.
Cette esquisse rapide suffit à montrer combien l'idée traditionnelle qu'on se faisait du Sahara était fausse. Au lieu d'alluvious récemment abandonnées par les flots, nous trouvons des terrains de tout âge, quelques-uns aussi vieux que les plus vieux continents du globe ; au lieu de l'uniformité supposée, une structure géologique simple, mais pourtant variée. Le Sahara a ses granités comme la Bretagne, ses grès dévoniens comme l'Angleterre, ses calcaires crétacés comme la Champagne, ses calcaires éocènes comme le bassin de Londres, ses terrains volcaniques comme l'Auvergne. Il
i. Siouah, 23 métros; Aradj, 70 moires; lac Sittrah, 2S mètres (Jordan, Physische Géographie der Hby$ehen Wthte, Cassel, 1876, i», p. 190-99}. L'altititude des points situés k l'ouest de Siouah est encore incertaine. Les observations barométriques faites par M. Rohlfs en 1869 avaient fourni les cotes suivantes: Djalo, — 31 métrés; Aoudjila, — 52mêtres; Bir-Rassam, — 102 mètres. [Von Tripolis nach Alex<indrien, II, p. i2.) Celles de MM. Rohlfs et Stecker, en 1879, mettent au contraire, Aoudjila à iO mètres, Djàlo à 90 mètres audessus de la mer. Enfin de nouvelles observations, faites la môme année, ont donné les résultats de 1869! De guerre lasse, M. Rohlfs a conclu que ces oasis sont à peu près au niveau de la mer. {Kufra, p. 226.)