Bartb, I, p. fi
fi. Parisot, B. S. G., 187fi, II, p. S8fi. — Bêringer, ouv. cité, p. 89. 7. Duveyrier, p. 48. — De Foucauld, R^onn. au Marocj p. 103, 438.
durs éraille, creuse, rabote les roches les plus compactes. Les hauteurs tabulaires du Sahara algérien et du désert libyque, les berges de Toued Mya et de Tlgharghar ont été ainsi évidées en partie*. Les flancs des goûr près d'El Goléa sont burinés, sculptés, fouillés et réduits par place à de véritables dentelles de pierre*. Ailleurs, le sable, chassé par le vent, a poli comme une glace certains plateaux calcaires : entre le Nil et Farafrah, ces surfaces lisses et luisantes rappelaient à M. Rohlfs les roches usées par les glaciers*. L'usure des éclats de pierre est plus surprenante encore. Le frottement du sable a peu à peu détaché les parties tendres, isolé le noyau de pierre dure, et a fini par en cmousser les angles. Les silex taillés, trouvés par la mission Choisy ont ainsi perdu leurs arêtes : suivant un témoin oculaire *, les silex roulés par les torrents et les fleuves présentent rarement une usure aussi considérable. On trouve au Sahara des plaines où des millions de galets de toute espèce, de toute dimension — de la grosseur du poing jusqu'à celle d'une lentille — s'étendent à perte de vue comme une immense grève. Leur surface ravagée porte encore la trace du sable qui les a usés ^: le vent, aidé par les petits grains de quartz, a fourni le même travail que la mer. Les déserts de cailloux de la Mongolie et du Colorado n'ont pas d'autre origine*.
Sous l'action combinée de ces éléments divers, les grands manteaux d'alluvions se désagrègent à la surface, les hauteurs formées de roches difl'érentcs s'émiettent peu à peu :
1. Zittel, Ueber den geol. Bau, p. 18. — Bajolle, Le Sahara de Ouargfa, Alger, i887. p. 46.