Duveyrier, p
Lorsqu'on regarde, par un ijeati temps, l'arête des dunea qui se détacho dans le ciel, on est souvent étonné d'y voir llolter comme une aigrette de fumée blonde : c'est le vont
Profil de la duDe Medjira (Si mètres) vue du cûtù du Mord.
(]ui les écrite et en rnodiOe insensiblement les contours. C'est lui encore qui, iravailleur infatigable, les a édifiées grain par grain.
On a beaucoup discuté sur ce rôle du vent. Les uns l'ont
Plan de lu mfiiue dune.
réduit à peu de cbose. D'après MM. Pomel et Valonne, le vent n'édifie pas, il se borne à isoler le quartz des matériaux détritiques en enlevant les parlirules terreuses qui s'y trouvent mêlées". Chaque dune, formée par un triage sur place, serait ainsi le résidu d'un morceau de plateau
1. < Le veni, je crois, peut prendre à sa charge le transport des poussières. > (L« Sahara, p. SIC.)
désagrégé*. Si cette théorie était juste, on trouverait dans toutes les dunes en formation non seulement du sable, mais toutes sortes de débris de roche. Gela arrive quelquefois; les membres de la mission de Ghadâmès ont rencontré au sommet d'une grande dune des fragments de grès qui tombaient .en poussière •; mais le cas n'est rien moins que général. Le sable des dunes est le plus souvent pur de tout mélange'. De la base au sommet, on trouve les mêmes grains de quartz, gros au plus comme un grain de millet. En quelques points seulement, ils sont additionnés de poussières d'argile rouge, qui donnent aux dunes une teinte inusitée*. M. le capitaine Gourbis a fait des sondages dans les dunes d'Ouargla et les a trouvées entièrement formées de sable*. Il est, d'ailleurs, tout à fait impossible que certaines dunes se soient formées surplace, vu la nature du terrain sous-jacent. « En aucun point de nos deux itinéraires, dit M. Béringer dans son rapport sur la première mission Flatters, je n'ai vu le sable reposant sur un squelette aux dépens duquel il aurait pu se former*. » A vingt et quarante kilomètres à l'est d'El Goléa, deux chaînes de sable, longues de cinquante kilomètres, larges de quatre, occupent un plateau dont le sol calcaire et marneux ne contient pas le moindre grain de quartz. « Ges dunes, depuis le premier grain jusqu'au dernier, sont incontestablement dues aux apports du vent'. » Les énormes masses de sable traversées par la mission Rohlfs dans sa marche sur Siouah n'ont de même rien de commun avec le sol calcaire qui les porte. C'est plus au sud, sous la latitude de Dakhel, qu'il faut chercher dans les assises puissantes du grès nubien l'origine des
\, Valonne, Miss, de Ghadâmès, p. 271 et suiv.