Rolland, B. S, G., 18S6, p
grains de quartz amoncelés plus loin ^ La théorie de la formation des dunes sur place est donc inapplicable dans un grand nombre de cas.
M. Duveyrier a soutenu une thèse toute différente. Trouvant c d'un côté d'immenses plateaux dénudés où la roche est constamment balayée par les vents, de l'autre d'immenses bas-fonds envahis par les sables i, il a cru que ce grand travail de déblai et de remblai était dû aux souffles atmosphériques, et que les dunes étaient l'équivalent des pertes subies par les plateaux laissés à nu'. Mais les dunes ne représentent pas à elles seules le cube des terrains disparus. Les terrains dits de reg. ces grands manteaux d*alluvions à croûte gypso-calcaire, sont eux-mêmes des remblais construits jadis par les eaux douces aux dépens des plateaux. Du reste, les géologues se refusent à admettre que le vent puisse enlever sans laisser de traces des couches de 10 à 30 mètres d'épaisseur».
Le rôle du vent n'est en réalité ni si grand que le veut M. Duveyrier, ni si effacé que l'a dit M. Vatonne. Le vent prend ce qu'il trouve. Son action varie à l'infini : ici, il trie sur place, là, il pousse les sables devant lui; tantôt il classe les éléments des roches au fur et à mesure qu'elles tombent en poussière, tantôt il puise dans les dépôts des anciens âges, dans les débris de roches dès longtemps disparues. Les dunes du Sahara algérien s'expliquent suffisamment par la présence des alluvions sableuses, « prêtes à être transformées en dunes par un simple classement*. » Dans le Sahara occidental et le désert libyque, le vent s'empare des débris du granit et du grès brun\ Partout où il trouve des grains de quartz à rouler, il peut les amonceler en dunes; il
i. Ziitel, Ueber dm geol. Bau, p. H, 17.