La Terre, 4881, p
progrès du côté de Ghadâmès*. On signale dans la région de righargliar des dunes de 50 et 60 mètres qui ont envahi les routes de caravane*. L'Krg occidental c empiète à Test sur le crétacé* et lance des dunes entre le Mzab et El Goléa. L'ancienne route d'El-Abiod-Sidi-Cheikh à El Goléa a disparu par places sous de petites dunes ^. La mission Rolilfs a trouvé des dunes de 20 à 30 mètres à cheval sur la route de Siouah à Baharieh. Par contre, Gailliaud et la mission Rohlfs ont pu suivre entre les dunes, à 54 ans de distance, le même chemin de Farafrah à DakheP. De hautes dunes baignent leur pied dans les petits lacs situés à l'ouest de Siouah, mais ces lacs ne sont point comblés par elles*. Des alenda, arbres vieux de 25 à 30 ans, croissent dans TErg sur l'arête de certaines dunes''. Les oasis du Souf sont perdues au fond d'entonnoirs de sable, et pourtant elles subsistent de temps immémorial. Aucun mouvement général des sables ne ressort donc des faits connus jusqu'à ce jour, mais une série de fluctuations locales. Ce résultat n'a rien qui étonne. Les dunes sahariennes avancent, reculent, selon que tel ou tel vent domine; elles oscillent sur place, lorsque les vents se neutralisent : en un mot, elles suivent de loin, dans leur marche lente et irrégulière, l'alluro capricieuse du vent.
Les dunes sont donc essentiellement un phénomène désertique. Il arrive que le vent amasse ainsi sur nos côtes du sable trié et rejeté par la mer : c'est là un accident. Tôt ou tard, suivant que l'homme aide ou non la nature^ la végétation envahit la dune : le climat soustrait les sables aux vents. Au désert, il les leur livre. Aussi Irouve-l-on les
1. Mircher, Mits, de GhaddméSy p. 89. — Largeau, le Sahara, p. S70.
î2. Béringer, ouv. cité, p. 95.