Roblfs, Reise durch Marokko, p. lâO
3. Ouv. cité, p. 159. Où va ensuite le courant souterrain de Toued Messaoud ? Est-ce au Niger, comme l'a dit M. Sabalier, d'après des informations de source indigène? Les renseignements recueillis par le capitaine Bissuel sur la direction des vallées de l'Adrar Ahenet démentent cette hypolhèse, déjà fort difficile à concilier avec la faible altitude du Touât. L'oued va-t-il rejoindre le Dràa, comme le croyait Duveyrier, en se repliant pour ainsi dire sur lui-même? L'invraisemblance de cette courbe s*est encore accrue, depuis que les observations de M. de Foucauld ont reculé le cours du Dn\a vers l'ouest et le nord. Serait-ce l'oued Teli croisé par Lenz au sud de Taoudcni, à environ 150 mètres d'altitude, et qui apporte de Test une masse d'eau considérable, puisqu'elle alimente une centaine de puits permanents? Ou l'oued Messaoud se perd-il en route, comme tant d'autres ? Toute réponse serait prématurée en ce moment.
L'oued Dràa, nourri des neiges de la grande chaîne marocaine, coule toute Tannée jusqu'au coude qu'il décrit vers l'ouest; mais en aval, son cours est d'ordinaire souterrain jusqu'à la mer; son large lit nourrit* des champs d'orge, ou sert de pâturage aux troupeaux.
Parfois, avant de se perdre définitivement sous la terre, les oued sont un instant ramenés au jour. L'eau du Saoura se montre ainsi au point dit Kheneg, relevée par un affleurement de roche imperméable*. Elle jaillit môme en source et forme un ruisseau d'eau vive un peu plus haut, à Beni-Abbès'. L'oued Zis qui disparaît en été au sortir de l'Atlas, coule toute Tannée au Tafilelt à travers Toasis de Tissimi*. Enfin au milieu du Sahara méridional, dans les fosses des salines de Bilma. on voit reparaître un oued inconnu qui coule d'est en ouest ^ venant peut-être duTibesti. Ainsi se vérifie l'exactitude de la vieille histoire contée par PHne : « Le fleuve Nigir, indigné de couler à travers des sables et des lieux immondes, se cache Tespace de quelques journées... Absorbé de nouveau par les sables, il se dérobe encore une fois sur une longueur de vingt journées de désert*. > Le Nigir de Pline n'est pas le grand fleuve du Soudan : c'est un oued saharien quelconque.
Dans la répartition des eaux souterraines du Sahara, il faut compter avec un facteur important : les sables.
Les dunes sahariennes ne sont pas, comme on pourrait le croire, le terrain le plus sec du désert. Tandis que les
1. De Foucauld, Reeonnaittanee au Maroc, p. 149. — Lenz, Timbouetou, H, p. 25. — Panet {Rev. eoL, 1852, p. 513) et Douls {Bull. Soc. (i«y..l888, p. i57) ont trouvé un filet d'eau dans Toued Dràa en aval.
2. Coyne, Une ghazzia dans le Grand Sahara, Alger, 1881, p. 34.