Journal de route, ouv. cité, p
Jifjnes d'attention. Sans doute, ils ne roulent plus, comme jadis, des masses d'eau puissantes; leurs larges lits restent vides presque au sortir de la montagne, et ne sont plus remplis que par des crues accidentelles. Le grand oued Saoura lui-même*, dont on suit jusqu'au Touàt la vallée restée libre de sables, n'a plus d'eau courante que de temps à autre en amont de Karzas, et jamais, de mémoire d'homme, les riverains ne l'ont vu couler en aval V Pourtant ces rivières ne sont mortes qu'en apparence. L'eau tombée en pluie ou en neige sur les montagnes algériennes continue à sourdre vers le sud sous les sables du lit, et l'oued tari par le soleil cache une rivière souterraine, qui, elle, ne tarit jamais. L'Oued-el-Arab , l'Oued-Abiod, l'Oued-Djedi renferment toute l'année sous terre un filet d'eau excellente qui alimente une partie des nombreuses oasis du Zab. Partout, dans Toued Saoura, l'eau est presque à fleur de terre. Aussi les palmiers poussent-ils drus dans le lit du fleuve, qui, en aval de Karzas, s'appelle Rhaba, la forêt. Plus bas, les oasis du Petit-Touàt font à l'oued comme un cordon de verdure'; on peut dire d'elles, comme Hérodote de l'Egypte, qu'elles sont un présent du fleuve, car c'est à ce courant invisible qu'elles puisent la vie.
1. Formé de la réunion de Toued Guir et de l'oued Zousfana. Au Touât on l'appelle oued Messaoud.