‹ Le SaharaChapitre 178 sur 346 · Cap. Bernard, C. rend. S. G., 1S90, p. 33S · texte numérisé non relu

Cap. Bernard, C. rend. S. G., 1S90, p. 33S

agglutinées. On dirait qu'elles se sont transformées en tuyaux étanches, pour ne pas perdre une goutte de liquide sur leur parcours '. Ainsi pousse le diss *, cette belle graminée semblable à l'alfa, mais plus fine» dont la touffe de longues feuilles piquantes se garnit d'un épi argenté ; le drine, le hàd font de même rayonner leurs racines à 20 et 25 mètres autour d'eux. Ainsi s'explique aussi la présence des alenda {Ephedra alata) qu'on rencontre parfois sur les dunes de l'Erg. M. Duveyrier a mesuré une racine d'un arbuste de cette espèce, haut de 1 mètre seulement : la racine avait déjà plus de 15 mètres de long '.

L'eau ainsi recueillie est mise en réserve. Il existe, en effet, chez les plantes désertiques des vaisseaux spéciaux, qui se vident au fur et à mesure des besoins de la plante.

Tantôt ils sont situés dans l'épaisseur de la feuille (hâd, domràn) ; tantôt ce sont des vésicules pédonculées qui s'entassent à la surface de la feuille ; vides, ces vésicules s'affaissent sur elles-mêmes et forment une couche parcheminée qui est encore une défense contre le soleil *.

Il n'est pas jusqu'aux graines qui rie se soient adaptées à la sécheresse. Sous nos climats, c'est le dessèchement des fruits qui fait tomber les graines sur le sol; au désert, c'est souvent le contraire. Tout le monde connaît la rose de Jéricho, cette éphémère qui, après avoir mûri ses graines, referme sur elles ses^ rameaux desséchés. Ces graines, qui périraient si elles étaient exposées à l'air, car rien ne les protège, peuvent rester pendant des années dans leurs capsules, au sein de la plante contractée en boule. Vienne l'humidité : les rameaux s'entr'ouvrent, les graines tombent au moindre vent et, vingt-quatre heures après, une petite racine en sort^ Chez les Zygophyllées (Fagonia, Nitraria^ etc.),

1. Volkens, p. 26. — Foureau, Une mission^ p. 38. â. Imperata eylindriea P. B.

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