‹ Le SaharaChapitre 180 sur 346 · Drei Sonate, p · texte numérisé non relu

Drei Sonate, p

alleindre une couche d*eau souterraine*. Ce n'est pas la pluie qui peut leur suffire, en des régions où il tombe peulélrc une ou deux averses par an. Est-ce la rosée? Elle est certainement très utile en hiver, nwis bien rares sont les journées d'été où on Ta vue mouiller les plantes. 11 faut bien admettre que les plantes trouvent dans leur organisation d'autres ressources encore. Possèdent-elles, comme le croit M. Rohlfs, la faculté de s'assimiler directement Thumidité

de l'air?

On a fait à ce sujet, dans le désert arabique, une expérience bien curieuse. La Beaumuria hirteUa est une broussaille haute d'un demi-mètre, munie de feuilles d'un demi-centimètre de longueur; elle croît dans des fentes et des trous de roche où elle ne trouve pas d'eau, au moins pendant six mois de l'année. Lorsqu'on l'observe de grand matin, après une période pluvieuse, on trouve toutes les feuilles couvertes d'une infinité de gouttelettes qui font place, sous le soleil, à des cristaux de sel blanchâtres. Le microscope révèle que ces cristaux sont placés sans exception sur les glandes épidermiques et ont, par conséquent, été sécrétés par elles. Arrive la période de sécheresse : toutes les nuits en automne, et bien des fois en été, la Reaumuria continue à se couvrir de gouttelettes, alors que tout reste sec autour d'elle. Il est- impossible qu'elle lire alors cette humidité du sol : mais le sel attaché aux feuilles a pu la prendre à l'atmosphère. En effet, de deux branches de Reaumuria cueillies le même jour, l'une, dont on avait ôté le sel, s'est desséchée dès l'après-midi suivante, tandis que l'autre est restée fraîche huit jours en mai, quinze jours en novembre, et n'a pas cessé pendant ce temps de se couvrir de gouttes toutes les nuits. 11 semble donc que la plante puisse suppléer à Tinsuffisance de

1. Kufra, p. 459. De raème on a creusé plus d*une fois le sol au pied des acacias dans le désert de Mohave; on n'a trouvé Teau qu*à CO pieds de profondeur. (Lnt. Wheeler's Exped., MiUh., 1876, p. 423.)

ses racines en condensant, aux heures froides de la journée, l'iiumidité contenue dans l'air ' . La Reaumuria n'a encore été signalée que dans le désert arabique; mais d'autres plantes désertiques paraissent avoir la même propriété.

Les branches d'une plombao:inée, Statice pruinosa L., sorte de buisson blanchâtre et sans feuilles', sont souvent constellées le £ matin de grosses gouttes, tandis qu'on ne :g-. trouve de trace de rosée ni sur les plantes ni „ 3 sur le sol'. Or, on remarque sur ces bran- I =• ches une multitude de glandes incrustées d'une ^s. poussière blanchâtre qui contient une forte "Z" proportion de sels*.

o La Frankenia pulverulenta, les parties ver-

^ tes du tamarix etkel et beaucoup de salsolacées sont de même couvertes de masses de sel grisâtres, qui font place à des gouttes en certaines nuits '. 11 en est peut-être ainsi d'autres plantes encore. On commence seulement à étudier ces fonctions des plantes désertiques, et il reste encore bien des choses à apprendre sur l'adaptation de l'organisme végétal au désert.

Parmi les plantes qui luttent ainsi conire le climat, il est un arbre qu'il faut tirer de pair. Lui seul rend le Sahara vraiment habitable, car lui seul entretient les beaux coins de

Page 1