‹ Le SaharaChapitre 184 sur 346 · Duveyrier, ouv. eilé, p · texte numérisé non relu

Duveyrier, ouv. eilé, p

Le trait distinctif de la faune comme de la flore saharienne est l'adaptation à la sécheresse. Presque tous les animaux du Sahara, même les mammifères, ont la faculté de vivre en ne buvant qu'à de longs intervalles. Les moins résistants, le mouton, la chèvre, n'ont besoin d'être abreuvés que tous les cinq ou six jours * ; il est des ruminants sauvages, à qui les herbes du désert semblent suffire et qui passent des semaines sans approcher de l'eau. Quelques touffes d'herbe grossière et des tiges de coloquinte sont, en été, la seule nourriture des gazelles sur le plateau poreux et dénudé du Mzab*. Prjewalski cite une antilope à queue noire qui se cantonne dans les parties les plus inhospitalières du Gobi et du désert des Ordos. « C'était toujours pour nous une énigme, dit-il, de savoir ce que cette antilope pouvait boire... Nous l'avons rencontrée dans des régions où il n'y a pas une goutte d'eau à des centaines de kilomètres à la ronde. II parait certain que cet animal peut rester longtemps sans eau, en se nourrissant de quelques herbes juteuses ». »

Le chameau réalise le type parfait du grand mammifère organisé pour le désert. Facile à nourrir — il mange même l'akoul et l'acacia malgré leurs terrifiantes épines, — peu sensible à la chaleur et au froid, doué de beaucoup de fond — il fatigue le cheval à la course — et d'une grande force musculaire; agile malgré Tétrangelé de sa démarche, puisqu'il est capable de franchir de véritables chaînes alpestres s le chameau réalise ce miracle : un grand mammifère, qui, sans perdre aucune de ses qualités de bête de somme, peut passer huit et dix Jours sans boire, lorsqu'il est en marche*.

i. Douls, art. cité, p. 462. Haggenmacher dit la même chose des moutons du pays somaU (MiUh., 1876, Ergikuz. no 47, p. 48).

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