Mircher, MUs. de Ghad., p. 131. — Lenz, II, p. 43, etc
S'il est au pâturage et s'il trouve des herbes fraîches, il reste jusqu'à un mois sans s'approcher des puits *. Par quels moyens, par quelles singularités de structure et de fonctions l'animal fait-il face à Tévaporation cutanée et pulmonaire pendant une ou deux semaines? On ne le sait que très imparfaitement encore.
La transformation subie par l'organisme doit être profonde, car le chameau se montre incapable de vivre sous uii climat humide. «Jamais on n'a pu l'acclimater au Soudan. Tous ceux qu'on y introduit deviennent à bref délai malades et impropres à tout service; au lieu de prendre des forces dans ces gras pâturages, ils maigrissent à vue d'oeil et ne peuvent être sauvés que par un prompt retour au désert*. Même les steppes de la lisière soudanaise, le Taganet méridional, le Baghena, le nord du Haoussa, ne conviennent aux chameaux que pendant la saison sèche '. Il n'y en a pas non plus dans le centre du Dar-For*. Le séjour de Tripoli est funeste à la longue aux chameaux venus de l'intérieur ^ Fait plus significatif encore : on ne peut en conserver à Khargueh, où les marécages entretiennent une atmosphère humide*. Mêmes observations en Asie. Lorsque Prjewalski atteignit les magnifiques prairies alpestres des monts de Gansou, ses chameaux maigrirent et se couvrirent d'ulcères: s'il n'avait ensuite gagné la région sèche du Koukou-Noor, toutes ses bêtes eussent péri''. Par contre, le chameau afghan s'est très bien acclimaté en Australie. Comme le dattier, le chameau est donc localisé dans la zone des steppes et des déserts.