Barlh, V, p. 598 et suiv. — Duveyrier, p
la langue des anciens Canariens, sont encore presque tous en usage chez les Berbères de l'Algérie *. Un Touareg, un indigène natif du Sud Marocain, converse sans difficulté avec les habitants d'Aoudjila ou de Siouah '. Le général Hanoteau, sachant le kabyle, a pu apprendre rapidement le langage des Touareg*. Enfin, M. Masqueray a prouvé que presque tous les mots du vocabulaire zmaga recueilli par le général Faidherbe aux bords du Sénégal « seraient compris, les uns par nos Kabyles, les autres par nos Chaouïa, les autres par nos Mozabites, si on prenait soin de les réduire à la prononciation de chacun de ces groupes * ». Voilà donc une grande famille ethnique, dont les rameaux couvrent presque toute l'Afrique du Nord.
Nous n'avons pas à traiter ici la question de l'origine des Berbères. Sont-ce des autochthones, ou des peuples venus d'Asie aux temps préhistoriques, sommes-nous en présence d'une race pure, ou d'un mélange de plusieurs races, c'est là un grand débat qui dépasse le cadre de cette étude, car il embrasse les origines de toute l'Afrique du Nord. Mais on a posé un autre problème. Les Berbères ont-ils occupé de tout temps le Sahara qu'ils partagent aujourd'hui avec les Arabes ? Y vivaient-ils seuls, ou côte à cote avec une autre race, plus ou moins apparentée aux nègres du Soudan ? Ou même le Sahara n'était-il pas dans l'antiquité le domaine exclusif d'une race noire, parvenue à une civilisation assez avancée?
Dès longtemps, des voyageurs frappés du teint foncé de certaines tribus sahariennes, se sont demandés s'il n'y avait pas là des restes de populations très anciennes, antérieures aux Berbères. En 1853, le colonel Carette croyait ainsi