Rtiun, l, p
de caractères d'écriture berbère*; il en est de même des sculptures du même genre découvertes aux Canaries, dans Tîle de Fer*. Il est donc au moins douteux que ces inscriptions soient l'œuvre des noirs.
Il est certain que des noms de lieux du Fezzân appartiennent à la langue du Bornou, et la tradition rapportée par M. Duveyrier est en efifet d'accord avec Tbisloirc. Seulement, — c'est le cas de beaucoup de légendes, — les faits dont elle garde le souvenir sont beaucoup plus récents qu'on ne le croit. Ce n'est pas dans l'antiquité, mais au moyen âge que les Berâouna ont régné à Tràghen. Les chroniques bornouanes découvertes par Barth et Nachtigal, jointes à quelques passages des auteurs arabes, ne laissent subsister aucun doute sur ce point. Nous savons ainsi qu'au x® et au XI® siècle de notre ère, un puissant royaume s'est constitué sur les rives du Tchad *, royaume qui n'a pas tardé à s'étendre vers le nord. Les rois de Kanem et de Bornou occupaient Kaouar dès le milieu du xi® siècle *; pendant tout le xni* et la moitié du xiv®, ils ont été les maîtres du Fezzân *. Les chroniques racontent les guerres soutenues par ces rois pour défendre leur conquête; en 1358, l'un d'eux venait en personne reprendre Ouâdan à un usurpateur, et, dit un historien arabe, rendre la tranquillité au pays ^ « Alors Trâghen était la capitale du Fezzân et la résidence des gouverneurs de Kanem. Ceux-ci, vu la
i. M. Duveyrier suppose que la civilisation noire du Soûs «a dû recevoir un vernis berbère » ou bien que ces caractères sont des additions relativement modernes {Les teulptures de la province marocaine de Soûs. BuU. Soc. Géogr., i876, H, p. iiO). Les estampages rapportés par le rabbin Mardochée ne permettent pas de se prononcer sur ce point.