‹ Le SaharaChapitre 210 sur 346 · Barth, Réisen, I, p · texte numérisé non relu

Barth, Réisen, I, p

9. Nachtigal, Sahara und Sudan, t. \\. — Barth, Beisen, t. V. — Staudinger, îm Herzen der Haussa-lànder, p. 548.

Ainsi, depuis le commencement de Thistoire, il y a un flux et un reflux continuel de races dans le désert. Ce n'est pas tout. Comme pour augmenter encore la confusion ethnographique, les Arabes viennent tout bouleverser dans TAfrique du Nord. Sous le choc de leur grande invasion du XI® siècle, les anciens peuples s'émiettent et périssent : des nomades arabes remplacent les grandes tribus berbères de la Tripolitaine, les Louata^ les Hoouara', dont le nom disparaît de rhistoire; d'autres hordes, les Ahmour, les Douaïda, les Makil, brisent, dans le Sahara algérien, Tunité de la vieille race zénatienne*; au xv* siècle, les Zanaga, les Lemtouna, ces puissantes tribus, d'où sont sortis les conquérants du Maroc et de l'Espagne, disparaissent à leur tour du Sahara occidental; c'est à peine si l'on retrouve aujourd'hui leurs noms dans un coin du désert '. A leur place vivent maintenant ces nomades sans caractère ni race, qu'on appelle les tribus maures, sorte d'amalgame où entrent, dans des proportions variant à TiiiBni, le sang berbère, le sang arabe et le sang noir*.

En résumé, prétendre retrouver les races primitives et tracer des frontières ethnographiques entre ces oasis balayées par tant de vagues humaines, c'est, en l'absence de toute observation vraiment anthropologique, une tentative vaine. Tant qu'on n'aura trouvé de nègres que sur les chemins battus du désert, il sera trop tôt pour parler de race noire garamantique. Un fait augmente encore notre réserve. L'Ahaggar, le Tibesti sont restés en dehors des révolutions et du commerce; or, ni l'un ni l'autre ne sont peuplés de

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