Douls, art. cité, p
rien au pouvoir de l'homme qui la revêt. Il ne peut lever d'impôt, n'a aucune liste civile; il préside l'assemblée des nobles, mais il peut se faire qu'on agisse contre son avis. Nachtiga] a appris à ses dépens ce que vaut l'autorité du Dardaï, quand il est pauvre, c Les Téda, dit le même voyageur, sont étrangers à tout sentiment national ; ils s'unissent en face du danger ou en vue d'une rapine, jamais pour le travail ou le plaisir *. » En somme, le nomade saharien ne s'accommode d'aucune autorité effective. L'organisation patriarcale de la tribu est la seule que son esprit indépendant tolère, parce qu'elle ne l'astreint à aucun devoir. Il est donc aussi libre que peut l'être un homme qui ne vit pas absolument solitaire ". Quel usage fait-il de cette liberté?
La vie pastorale ne sufGt pas à ses besoins. Ce n'est point l'existence plantureuse de ces grandes tribus algériennes, qui errent loin de nos villes, insoucieuses et hautaines, avec leurs chevaux, leurs chameaux, leurs chèvres et d'immenses troupeaux de moutons. Le nomade saharien ne peut pratiquer en grand l'élève du mouton et de la chèvre, car l'eau est trop rare à la surface du sol. Ses chameaux sont en trop petit nombre pour qu'il puisse se permettre de les tuer et d'en manger la chair. La faim est donc l'ennemi qui le guette, toutes les fois que d'autres ressources viennent à lui manquer. Il recourt alors à toutes sortes de nourritures étranges : gerboises, lézards, sauterelles pulvérisées *, peaux d'animaux grillées et découpées en lanières *, racines d'a/rott/, qu'il réduit en farine % gomme d'acacia, qu'il mange à mesure