Duveyrier, ouv. cité, p
qu'elle suinte de l'arbre * , graines de coloquinte, horriblement amères, qu'il faut faire macérer dans Teau pour les rendre supportables au goût '. Les Touareg et les Ouledba-Hammou d'In-Salah vont chercher les graines de drine jusque dans les fourmilières. M. Foureau a trouvé sur le Tademayt un grand nombre de monticules ainsi retournés'. Les Téda^ plus pauvres que tous, luttent contre la faim une grande partie de Tannée. Lorsque les provisions de dattes sont épuisées et que les herbes fraîches ne gonflent pas encore le pis des chamelles, le fruit du palmier doum ou hyphène usurpe, dit Nachtigal, parmi les substances alimentaires, une place qu'à coup sûr il ne mérite pas. « A entendre, dans le silence de la nuit, le battement mélanco* lique de la pierre sur la dure écorce qui ne se brise qu'à force de patience et d'efforts, on devinait que la faim tenait par les entrailles le travailleur obstiné qui se donnait tant de mal* ».
Quelles que soient sa sobriété et son énergie, le nomade saharien ne peut donc vivre uniquement de ses troupeaux. Travailler? Il le pourrait, mais il ne daigne. Il a pour la charrue le dédain du Prophète : « Elle n'entre pas dans une maison sans que la bassesse entre du même coup dans les âmes ^. » Renoncer, ne fût-ce que pour un temps, aux grandes courses, à la vie traditionnelle de la tente, travailler courbé vers la terre, ce serait là, selon lui, une servitude et une déchéance. Il préfère vivre du travail d'autrui.
De temps immémorial, les nomades du désert ont pillé. La Grèce, Carthage et Rome ont lutté contre ces populations remuantes et flottantes, qui du Nil à l'Atlas inquiétaient les
i, Duveyrier, ouvr. cité, p. 165.
2. Lyon, A Narrative, etc., p. ^ilè. — KïchBrdson, MissUmlUto CefUrat-Africa,
î. p. lOi.
a. Une mission au Tademayt, p. 7S. — Voir aussi Bou-Derba, Voyage d
H'at^ art. cité. p. 27i.