‹ Le SaharaChapitre 277 sur 346 · Barlh. Lettre à Behm, MUth. Erganz, 8, p. 45, noie · texte numérisé non relu

Barlh. Lettre à Behm, MUth. Erganz, 8, p. 45, noie

lement fragmentaire, et Tincertitude ne cesse que pour les temps modernes. Ce n'est pas que Léon l'Africain, le grand voyageur de cette époque, soit exempt de lousles défauts de ses prédécesseurs : sa chronologie est souvent incertaine, et sa mémoire sujette à de singulières erreurs • ; mais on a pour le suppléer les chroniques indigènes trouvées au Bornou et au Fezzàn, et surtout cette inappréciable histoire des rois sonrhaï par Ahmed-Baba *, qui a fait revivre des figures jusqu'alors pâles et effacées dans l'histoire.

S'il fallait en croire Léon l'Africain, ce serait à la fin du x« siècle, à la suite de la conversion des nomades porteurs de voile, que « les marchands de Barbarie commencèrent à venir aux pays des Noirs » '. En réalité, les Arabes euxmêmes en ont eu connaissance beaucoup plus tôt. Le Fezzàn a été une de leurs premières conquêtes africaines : moins de cinquante ans après l'hégire, Sidi-Oqba avait déjà pénétré jusqu'au Kaouar % et il est probable qu'ils n'ont pas tardé à nouer des relations avec le Soudan*. Quoi qu'il en soit,

A. n suffit de rappeler ici son erreur capitale : il affirme que le Niger coule vers l'ouest et qu'il a descendu le fleuve de Timbouctou à Djenné. (DescritUone dell* Africa, Prima parle, fol. i, D.)

â. Ahmed-Baba est le plus célèbre de ces savants nègres qui ont fait la renommée de Timbouctou. Ei-Oufràni, historien marocain du xvii« siècle, l'appelle < le très docte, le magnanime, Tétendard des étendards ». (Histoire de la dynastie saadienne du Maroc, traducU Houdas, p. 469.) Lors de la conquête do l'empire sonrhaï, Ahmed-Baba fut emmené captif au Maroc; mais telle était sa réputation de science et de sagesse, quMl obtint la pcrmissioa de retourner dans sa patrie. C'est là qu'il écrivit son Tarikh-es-Sudan. Barth a eu le bonheur d'en découvrir un manuscrit h. Gando, et a pu on copier les principaux passages. Ils ont été traduits dans le tome IX de la Zeitschrift dcr deutsch. morgenlànd. Gescllschaft, et Barth lui-même en donne de nombreux extraits, [Reisen, IV.)

3. Léon écrit môme ifurono scoperti. {Descriltione delV Africa, fol. T7, D.)

i. Ibn-Abn-ei-Hakem, dans El-Bekri, traduct. de Slane, p. 34, et dans Ibn- Khaldoun, trad. I, p. 302-308. — En-Nowcïri, ibid., p. 333.

5. Abyzara, dans ses Annales de Fez et du Maroc (traduct. Pétis de la Croix, Mss. Blbl. nat., no 25, :i88, fonds français), raconte qu'un des ancêtres des Kdrisides, fuyant la persécution du khalife abasside, se rendit à la fin du viiio siècle en Nubie et au pays des Noirs, d'où il gagna ensuite Tlemcen, en traversant le désert d'Afrique (fol. A. verso). Mais ce sont là des détails rétrospectifs, dont il est toujours permis de suspecter l'origine.

c'est à un auteur du ix® siècle que nous devons les premières notions positives sur ce commerce. Al-Iaqoub, qui paraît avoir écrit en 891 \ nous parle de la route d'Augala (Aoudjila) à Djofra, oii la ville d'Ouaddân était alors florissante, et s'exprime ensuite dans les termes suivants : « Au midi d'Ouaddân, est le pays de Zaouîla, dont les habitants sont Moslem... Ils exportent des esclaves noirs de chez les habitants de Mirriya, de chez les Zagaoua, les gens de Méroé et autres peuples noirs du voisinage^ A quinze jours au delà de Zaouîla se trouve la ville de Knouar, habitée par des musulmans qui font le même métier. » A pari le nom de Méroé, qui est évidemment une réminiscence classique, tout est à retenir dans ce passage important. Les Zagaoua, ou mieux Zoghaoua, avec qui Zouîla, la ville du Fezzàn, entretenait par Kaouar ces relations de commerce, sont des tribus guerrières souvent citées par les auteurs du moyen âge; on les trouve encore aujourd'hui dans le nord du Ouadaï*. Le nom de Mirriya ne mérite pas moins d'attention. Barth a visité sur la frontière nord-ouest du Bornou une ville de Mirria, bâtie dans un site admirable, à un jour de marche de Zinder. a Ce fut jadis, écrit-il, une grande cité et la capitale de toute celte province; sa décadence date de la fondalion de Zinder*. » La Mirriya d'Al-Iaqoub et la Mirria de Barth ne sont sans doute qu'une seule et même ville, et l'on retrouverait ainsi la trace de la route commerciale de TAïr, au moment même où l'Afrique sort des ténèbres qui l'ont enveloppée au début du moyen âge.

Dans l'ouest, deux autres voies sahariennes entrent à la même époque dans l'histoire. « Le père d'Abou-Yézid (ce

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