Barth, Reitm, V. p
i.Ge pays avait peut-être à la môme époque des relations avec TÉgyple. El-Bekri rapporte qu'au xio siècle les rois de Gagho recevaient à leur couronnement une épée, un anneau et un Coran envoyés jadis par un émir-almoumenin. D'autre part, une tradition encore vivante, d'après laquelle un Pharaon d'Egypte serait venu jusqu'au coude de Bourroum (Barth, V, p. 194) et la manière toute égyptienne dont les Sonrhaï embaumaient leurs morts (Ahmed-Baba, Zeitsch., p. 532) sont de nature à faire croire que ces relations ont été antérieures à l'introduction de l'Islam.
5. « Ghana, très grande ville dans le Baghena. » (Ahmed-Baba» p. 526.) Cette indication s'accorde très bien avec l'ilinéraire d*El-Bekri, qui place Ghana à à l'ouest du Ras-el-Ma, marigot occidental du Niger.
6. Al-Jaqoub, ouvr. cit., pp. 131-139. — La position d'Aoudaghost est
le grand marché de Tor et de la gomme* pour le Sahara occidental.
Laissons passer la grande invasion arabe et les guerres qui en ont été la suite, et voyons ce qu'est devenu au XIV* siècle le commerce de TAfrique ainsi bouleversée. Dans l'ouest, les Zénaga ne sont plus maîtres du désert. Leur cité Aoudaghost, prise et pillée en 1034 par les Almoravides, est devenue une petite ville*, et puis a disparu. Au Soudan, Tantique empire de Ghana n'exisle plus. Ghana elle-même, après avoir décliné pendant tout le xii° siècle, est tombée au commencemcot du xni^, sous le choc de l'invasion des nègres Sousou '. Toutefois, le commerce n'a pas déserté les pays à l'ouest du Niger. Un nouvel empire, le Mali ou Mellé, fondé par les Malinké, branche de la grande famille mandingue, s'est élevé dans ces parages et a fini par englober tout le pays, de l'Atlantique au coude oriental du grand lleuve, et de Djenné àl'Adrar, dansle Sahara*. Oualata, appelée aussi Birou, est depuis un siècle le grand entrepôt à la lisière du pays des Noirs : les caravanes de Sidjilmasa y portent les marchandises du Maghreb ♦^t les dalles d'une mine de sel
impariaitemcnt connue. Mais il résulte de la descriplion d*ËI-Bekri et d'un passage derastronome Al-Byrouny (cité par Aboul-Féda, traduct. Reinaud, II, p. ii), qu'on doit la chercher au sud des dunes d'Ouâran, peut-être; comme le pense Barth, dans le Taganot septentrional.
i. t J'ai vu moi-môme, dit Ibn-Haouqal, un papier par lequel un homme de Sidjilmasa se reconnaissait débiteur de 40,000 dinars, chose dont je n'ai jamais trouvé un semblable exemple en Orient. » (Trad. citée, p. 253.)
2. Edrisi semble être le dernier qui l'ait nommée. Sa population était alors peu nombreuse et son commerce insigniOant. {DeicripUon de l'Afrique et de l* Espagne, par Edrisi. Trad. Dozy et de Goeje, p. 38.)
3. Ibn-Khaldoun, Histoire des Berbères, t. II, p. 110. — Maicrizi, ap. Hamaker, Spécimen eatalogi eodieum mss orientalium bibliothecœ Lngduno-Batavœ, 4820, in-io, p. 209.
4. La capijale, Mali ou Mellé, n'était pas sur le Nil dos Noirs, comme l'ont dit par erreur Ibn-Khaldoun et Léon l'Africain. Ibn-Batoutah dit explicitement que pour s'y rendre, il a quitté le Niger à Karsakhou, en amont de Kabara. (Trad. Dcfrémery et Sanguinetti, IV, pp. 3BG 397.j Un itinéraire de Barth mentionne une ville abandonnée de Djara-Mellé \Djaouara), située dans le nord du Kaarta {Reisen, t. V, p. 499); mais le récit d'Ibn-Batoutab démontre que Mellé n'était pas si loin du Niger.
gemme ', et reviennent avec de l'or, des peaux, de Tivoirc*, qui vont ensuite à Fez et surtout à Tlemcen. Au xui® siècle, les produits d'Oualata sont arrivés jusqu'en Europe, car deux /ofjrfoM/cdeTIemcen étaient réservés aux marchands clirétiens, et chaque année les Vénitiens et les Génois débarquaient à Mers-el-Kébir '. Une route non moins importante relie, à la même époque, Oualata à Bouda au Touàt *. C'est par là, et par Ghadamès, alorsgrande et prospère, que passent les négociants et les fidèles qui vont en Orient. Les rois de Mellé eux-mêmes se font gloire de faire le saint pèlerinage, etTun d'eux, Mança-Mouça, arrive en 1326 au Caire, apportant avec lui, dit Ibn-Khaldouu, 80 charges de poudre d'or^
Sur le Niger oriental, Gagho est, dès cette époque, une des plus belles et des plus vastes cités des Noirs. Les rois de Mellé y font venir des savants arabes, lettrés et architectes ; on y trouve des marchands de presque toutes les villes du Nord •. Mais ce n'est pas par Tadmekka que passe son principal commerce; les caravanes vont surtout à Takedda^ ville dont les habitants, raconte Ibn-Batoutah. font chaque année le voyage d'Egypte * ; de là, elles se dirigent par l'Ahaggar vers le Touàt et la grande ville d'Ouargla, ou gagnent TOrient par Rhàt et Ghadamès ^ 11 n'est pas ques-
l.Teghaza; elle faisait sans doute partie du même gisement que Taoudeni. {Voyaget d^Ilm-Batoutah, IV, p. 377 et suiv.)
3. Ibn-el-Ouardi, polices et extraits det nus de la Bibl. nat.,i. II, p. 36, etc.)
3. El-Makkariyi, dans Barges, Mémoire sur les relations eommerc. de Tlemcen avec le Soudan. Revue de l'Orient 1853, p. 338 et suiv.