‹ Le SaharaChapitre 282 sur 346 · Ibid, p. 436 et suiv · texte numérisé non relu

Ibid, p. 436 et suiv

tion alors de la route de TAïr. Autour du Tchad, le royaume de Kanem est entré dans Thistoire depuis le xi« siècle, et ses rois, qu'on trouve établis dès Torigine au Kaouar *, ont fini par étendre leur autorité jusqu'au nord du Fezzân *. C'est l'époque où Tràghen était la résidence des gouverneurs bornouans, appelés les Nesoûr, et où le roi de Bornou et de Kanem envoyait à son allié, le sultan El-Mostancer, une girafe qui étonna les habitants de Tunis. Pendant toute cette période, un commerce actif a dû se faire par cette route de Kaouar, qui était celle des pfelerins du Bornou et des convois de sel • ; toutefois, ce mouvement paraît faible, comparé à la vie intense du Soudan occidental.

Deux cents ans plus tard, le commerce a encore changé de voies. Chez les Sonrhaï, à Gagho, « un homme s'est élevé nommé Sonni-Ali, qui détruisait les hommes et les pays * »; il a jeté bas l'empire de Mellé, promené ses armes d'Oualata au Niger inférieur; son puissant successeur, Mohammed- Azkia, commande du Touât jusqu'au sud de Djenné, et du Haoussa aux pays qui bordent le Sénégal. Le commerce a suivi vers l'est ce déplacement de la puissance. Oualata s'est appauvrie, abandonnée par les marchands étrangers qui faisaient sa richesse ; Mellé a été prise et ses habitants vendus comme esclaves ^ Pendant ce temps, grandissait la ville qui a longtemps personnifié pour l'Europe la prospérité du Soudan. Timbouctou, fondée par des Touareg à la fin du v* siècle de l'hégire, incorporée ensuite au royaume de Mellé, brûlée en 1330 parles païens du Mossi, conquise parles Touareg un siècle plus tard, prise enfin par Sonni-Ali au milieu d'un

1. A Dirki et à Siggedim. (Chran de V Imam- Ahmed, dans Barlh, II, p. 308.)

2. Jusqu'à Ouadân. d'après Ibn-Khaldoun ( H, p. 96 et suiv.) et El-Tîdjàni {Journ. atiat. 185â, t. II, p. i.')8j ; jusqu'à Zella même, d*aprôs Makrizi. mais ceci est au moins douteux.

3. Chronique de Vlman- Ahmed, p. 309 et suiv. — Edrisi, trad. Dozy et de Gocje, p 46. — L'auteur parle d'alun, mais il s'agit évidemment du sel

i. Ahmed-Baba, Zeitsch., p. 53â.

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