Rohlfs, Voti Tripolis nack Alexandrien, II, p.p. U
paraissent avec des moutons, des grains et du beurre sur les divers marchés du Fezzàn, et en rapportent des dattes et de la soude tirée des petits lacs des dunes *. Les gens du Soùf achètent très cher leur orge et leur blé aux caravanes tunisiennes ^ tandis qu'Ouargla et le Mzab sont tributaires des nomades qui les entourent : le Mzab seul leur demande 300,000 toisons de laine par an \
Un commerce de ravitaillement semblable se fait entre le Sahara méridional et le Soudan; seulement ici c'est surtout le sel qu'on exporte, tandis que Ton importe le riz etlrs différentes espèces de mil. On sait, en effet, qu'à part quelques districts sans importance, comme celui des lacs de Natron, dans le Mounio, au nord-ouest du Bornou *, les gisements de sel font défaut au Soudan. Lorsque l'importation manque, les habitants en sont réduits à l'extraire à grand'peine des cendres du souak ou de la paille de sorgho ^ ; la pénurie est souvent telle, qu'à Tengrera, par exemple, Caillié s'est trouvé avoir payé son repas en assaisonnant le dîner de ses hôtes ®. Aussi les Sahariens trouvent-ils dans leurs sebkhas
de quoi solder amplement leurs achats de vivres, et le transport de la précieuse denrée occupe des tribus entières, comme celui de la datte dans le nord. Barth nous a dépeint VAïri, la grande caravane formée de toutes les fractions des Touareg Kêl-Ouï, « tout un peuple en marche », qui vient chaque année de l'Aïr porter aux nègres le sel des fosses de Bilma. Arrivé au Soudan, l'immense convoi se disloque, pour gagner Tessaoua, Kano ou Zinder, tandis que les voisins des Kèl-Ouï, les Kél-Gheress, suivent une route plus occidentale et fournissent le sel à Sokoto et aux autres
i. NachUgal, Sahara und Sudan, l, p. 43.% 372. ExportaUon du natroo à Tripoli en 1888 : 64,500 fr. (Bull, consul, franc, 1890, U.)