Voyage d Timbouetou et d Jenné, II, p
marchés haoussa de l'ouest. Trois caravanes d'environ •
3,000 chameaux chacune viennent tous les ans à Bilma pour ce commerce, dont les Touareg d^ TAïr tirent presque tous leurs moyens d'existence *.
Ils ne transportent cependant qu'une faible partie du sel importé au Soudan. Les tribus desZoghaoua en fournissent le Dar-For * ; celles de l'Ennedi vont vendre au Ouadaï les dépôts de leurs sebkhas et du sel gemme rouge * ; les Tebou Dâza, fidèles à une tradition qui remonte au moins au XII® siècle *, apportent toujours encore auBornou un peu de sel de Bilma ^. Dans le Sahara occidental, d'immenses gîtes de sel gemme sont exploités près de Taoudeni : toute une ville est née de cette industrie dans un site complètement aride, et ne subsiste que grâce aux caravanes, qui lui apportent des vivres du Niger *. Ce sont les Arabes Berabich de l'Azaouad qui transportent à Timbouctou ce sel, taillé en dalles, qui est vendu ensuite dans toutes les villes du sud \ Dans l'extrême ouest, enfin, les Maures vont charger à Idjil, au nord-ouest de PAdrar, des dalles de sel extraites du fond argileux de la sebkha ', et qui sont échangées ensuite à Tichit, au Kaarta, à Oualata, à Timbouctou contre des
1. Barth, Reisen, I, p.p. 374, 517, 573 et suiv., II, p. i5«. — Nachtigal, Sahara und Sudan, \, p. 535. — Staudinger, Im Herzen der Hatutalânder, p. 616.