CAUSES DE LA SÉCHERESSE DU SAHARA
Quelles sont dès lors les causes de la sécheresse du Sahara? En hiver, elles sont faciles à concevoir. Une aire de haute pression barométrique qui s'établit sur un continent — un anticyclone, comme disent certains météorologistes — est accompagnée de ciel serein. Cela se conçoit pour la périphérie du maximum barométrique, puisque les vents qui ^'ûû échappent ont une origine continentale; l'air reste également sceau centre, parce qu'il est animé d'un mouvement de descente * .
1. Teisserenc de Bort, Ailot de météor. maritime, p. 18, etc.
Le' Sahara, siège de maxima relatifs et de vents très faibles qui prennent généralement naissance dans le désert, est dans le cas des autres centres de haute pression continentale, Afrique australe, Turkestan oriental, Inde, Australie, où Pair est sec et le ciel pur. Il ne peut donc avoir de pluies en hiver que si ces hautes pressions font place à des cyclones.
En été, les vents marins affluent au contraire de tous côtés vers le désert. La vapeur d'eau ne manque pas jusqu'au centre du Sahara. On a trouvé à Koufra, au milieu du désert libyque, une tension de 8 à 11 millimètres*, c'est-à-dire autant qu'en septembre et octobre à Paris Jamais l'air n'est absolument sec. Le minimum de tension observé à Koufra a été de 4'°™,5 ' ; il est vrai que, dans le Sahara algérien, le psychromètre indique parfois une tension nulle ', mais comme le remarque M. Woeikof à propos d'une observation de Prjewalski*, les formules cessent d'être applicables en cas de diflFérences psychrométriques très grandes. 11 y a donc toujours un peu d'humidité dans l'air du Sahara. Mais pour qu'elle eût une valeur climatérique, il faudrait qu'elle quittât sa forme gazeuse. Qu'importe la quantité d'eau vaporisée dans l'atmosphère, si elle ne se résout jamais en pluie bienfaisante? Il y a en été jusqu'à 26"™ de vapeur d'eau en suspens au-dessus de la mer Rouge ' — plus qu'il n'y en a jamais dans l'air de Paris — mais comme l'air surchaufl'é pourrait en contenir davantage, la mer Rouge et ses rivages ne reçoivent pas de pluie. Ce qui importe, c'est rhumidité relative, c'est la question de savoir si la vapeur en suspens est plus ou moins près de saturer l'air. Or les moussons qui soufflent du nord vers
1 Rohlfs, Kufra, p. 362; résultats calculés par M. Hann.