Ibid., p
3. Rohlfs, Drel Monate in der libyschen Wûste, Cassel^ 1875, p. 165.
A Mourzouk, Rohlfs a dû déménager parce qu'une averse délayait sa maison. A Ghardaïa, on a mesuré treize centimètres de pluie en 1888, cinq en 1889*. Il est des années exceptionnellement pluvieuses : du 26 juillet 1860 au 20 septembre 1861, M. Duveyrier a compté treize jours de pluie*. Telle est encore cette année 1880 pendant laquelle la mission Flatters a eu sept jours de bourrasques et d'averses, entre le 1®^ avril et le 2 mai '•
D'oii viennent ces pluies? Par quel miracle l'eau se condense-t-elle dans cet air d'ordinaire si pauvre en vapeurs?
Longtemps on s'est tiré d'affaire par une explication fort simple : on invoquait l'alizé de retour, ce grand courant aérien qui, suivant certains météorologistes, apporte aux zones tempérées, par delà les tropiques, les vapeurs abondantes de l'équateur* : « En hiver, disait-on, le contre-alizé s'abaisse et vient effleurer la terre au voisinage du tropique du Cancer ; c'est ainsi que Ténériffe, Mogador, Biskra, Mourzouk même ont des pluies d'hiver*. » En un mot le vent de retour faisait la pluie au Sahara, comme l'alizé la sécheresse •. Cette théorie soulève d'abord une grave objection de principe. On connaît les belles études de M. Hann et autres, sur le refroidissement et le réchauffement dynamique de l'air dans ses mouvements de montée et de descente \ En vertu de la théorie mécanique de la chaleur, on conteste absolument que le contre-alizé puisse emporter dans les hautes
1. Ann. Bur, eentr, met., 4888, 4889, II, B. 68. î. Ouv. cilé, p. 418.
3. Documents relat.. Registre de Mélêor., p. 4S3-65. i, Mûhry, OeH. Met. Zeitach., 4874, p. 65-68, etc.
5. Peschel, Neue Problème, etc., p. 493. — Th. Fischer, Studien ûber das Klima det Mittelm., p. 20 : « Biskra a une saison des pluies régulières, sous le règne du contre-alizé ». ■— V. aussi Reclus, La Ten-e, II, p. 369.
6. Le contre-alizé est, d'après Grisebach, « l'unique cause des rares averses du Sahara ». La végétation du Globe, trad., II, p. 410.
7. Voir Hann, Die Getetze der Temperaturdnderung in aufsteigenden Luft itrômen, OeH. Met. Zeitteh., 4874. Temperatur in den Cyclonen und Anticyelonen. Met. Zeitseh., 1890, p. 331 et suiv. — Von Bezold, Zur Thermodynamik der Atmo$phàrey Met. Zeitseh , 1889, p. 257 et suiv.
régions de grandes quantités de vapeur, et qu'il puisse redescendre autrement qu'à l'état de courant sec à la surface de la terre'. Et 11 ne manque pas de faits qui confirment celte manière de voir. C'est d'abord la sécheresse qui caractérise les maxima barométriques annulaires, ou zones de courants descendants de l'air'. C'est ensuite la sérénité des régions mêmes du contre-alizé, régions où l'on voit à peine quelques cirrus rayer l'azur du ciel'. De plus, des études récentes sur les pluies des Canaries ont prouvé combien il est faux d'en faire honneur au seul vent de retour. C'est surtout l'alizé qui forme au froid contact des montagnes l'anneau de nuages dont s'enveloppent les pics: les versants Sud et Ouest qui tournent le dos à l'alizé sont infiniment plus secs que coux qui lui font face*. A ces faits, on peut en ajouter d'autres empruntés au Sahara même. Les pluies tombent au Fezzân, dit Naclitigal, après que les vents du nord ont soulflé avec force et apporté de l'humidité des Syrtes'. Dans le désert lîbyque les nuages de pluie ont coïn-
1. Von Bezold. arl. cilù, p. 393 : ■ Dass er als trockener Strom nnlen aakommcD muss. >
2. Teissereoc de Boi'l, Étadtt lur la circulât, gén. dt l'alm. Ann. Bar. emlr., 1885, IV, p. W. — Von Bezold, arl. citii, p. ÏS7. — Voir aurlout les observations Taites au Sonnblick. dans les Alpes autrichiennes, où tca hautes pressions ont toujours cofncidÉ avec un réchauffemonl marqué el une grande sécberosse de l'air. (Hann, Mtt. ZeiUch., 18ST, p. tS, IShS, p. 1S.)
3. ■ Pendant une grande partie de Tannée, la zone du contre-atizé est absolument libre de nuages. • (K. von Fritsch, Meleor. Btitràgt zar KenrUnit* der CanaritchtB Inteln, MitthtU., 1866, p. HO.)
i K. von Fritsch, art. cité, p. 218-9,
Voici comment un autre voyageur décrit son passage d'un versant à l'autre dans l'Ile du Pulma : <• Je trouvai dés le point du jour les nuages en pleine formation, et pendant la dernière heure de notre ascension, la brUa (l'alizé) ne cessa de nous envoyer une averse de neige el de grêle dans le dos. Le col franchi (1,400 métrés), plus de tempête; il ne pleuvait plus que très peu; quinze minutes après, nous sortions des nuages; au bout d'une demi-heure, noua étions en plein soleil. Ce jour-là et les jours suivants, je pus voir constamment les nuages franchir le col, s'avancer d'un kilomètre, et puis se dissiper dans l'air, b (D'- Biermann, Btiiràge sur Kenataiâi dtr Kanariithtn Intiln., Met. ZsUsch., 188'î, p. 3.)