LA TEMPERATURE
Moyenhe annuelle peu significative. — Climat extrême dû à la sécheresse
de l'air. — Marche de la température journalière sous Téquateur et dans
Variation diurne d« la température. — Comparaison avecles autres déserts.
— Action de la variation diurne sur la moyenne annuelle : le Sahara
moins chaud en moyenne que la mer Rouge, une partie de Tlndc et du
Soudan.
Variation annuelle de la température, anormale sous cette latitude. —
Anomalie observée dans le désert libyque.
Extrêmes absolus de température : maxima et minima. — Amplitude annuelle
absolue au Sahara et dans les autres déserts.
Tout se tient dans la vie physique du globe. La sécheresse du Sahara, due à Taction de Talmosphère, se répercute à son tour sur les autres phénomènes terrestres et leur imprime au désert une allure particulière. Son action sur la température est bien marquée.
Celui qui jugerait de la température des régions sahariennes par le chiffre plus ou moins exact de leur chaleur annuelle, en aurait une idée bien singuhère. Dés moyennes de 21® et 23'^, 7 centigrades comme celles de Biskra* et de Ghardaïa', de 21" à 24® comme celles que paraissent avoir Mourzouk et Ghadàmès ', n'ont aux environs du tropique rien
i. Moyenne annuelle de Biskra : 20«,3; au niveau de la mer : 24<»,1 — — de Laghouat : 16o,9; — — : 2lo,3
(An^ot, Climat de l'Algérie, p. 45-16.) 2. Température vraie de Ghardaïa ;520m;. (Moyenne de 2 ans: 1888-9; : 200,9
Réduite au niveau de la mer : 23^,7
(D'après les Ann, Dur. cenlr., 1888 et 4889.) 3 Température du sol prise à 0n»,50 de profondeur, dans un endroit ahrilé du soleil : à Mourzouk : 24 ^ C.
à Ghaddmès : 2io C.
(Rohlfs, Reise von Tripolis nach Kuka, p. 5 )
d^extràordinaire ; c'est, suivant les cas, le climat de Chypre ou de Rio-de- Janeiro *, c'est moins que la moyenne de Hanoï et de l'île Maurice*. Mais rien n'est moins caractéristique qu'une moyenne annuelle, total où se fondent toutes les inégalités d'un climat. En réalité, le désert est une contrée à température extrême, où, en dépit de la latitude, il fait tour à tour plus froid que sur la Méditerranée et plus chaud que sous l'équateur. En d'autres termes, c'est un pays où la variation diurne et annuelle de la température est très grande.
C'est là une conséquence directe de la sécheresse de l'air. Plus l'air ept sec, plus on voit augmenter l'insolation, c'est-à-dire la quantité de chaleur versée par le soleil à la terre, et le rayonnement, c'est-à-dire la quantité de chaleur que la terre abandonne à l'espace. On sait combien les rayons solaires paraissent chauds sur les hautes montagnes ; les rocs, les gazons même s'échauffent plus que dans la vallée, tandis qu'on éprouve un froid glacial dans les endroits restés à l'ombre. C'est que l'air est plus sec près des hautes cimes '. C'est la vapeur d'eau qui, condensée en nuages ou même à l'état invisible, s'interpose comme un écran protecteur, le jour entre la terre et le soleil, la nuit entre la terre et le froid de l'espace, et crée ces climats tempérés où rien n'est extrême, ni le froid ni la chaleur. Cet écran protecteur fait à peu près défaut dans le désert : aussi les changements de température sont-ils fréquents et intenses.
La variation diurne, c'est-à-dire l'écart moyen que pré-