CHAPITRE YIII
En comparant tous les renseignements que j^ai pu recueillir, j'estime que la somme totale du commerce d'importation et d'exportation de Ehadamès est de 12 millions au minimum.
Le commerce de Mourzouk serait un peu plus considérable et atteindrait le chiffre de 15 millions.
Quant à celui d'Aïn Çalab, il faudrait le porter au chiffre de 20 millions.
Enfin, en admettant que les marchandises qui passent en dehors de ces trois centres ne s'élèveraient qu'au chiffre de 5 millions, nous arriverions à la somme totale de 52 millions pour le commerce d'importation et d'exportation entre le littoral méditerranéen et le Soudan.
Il est bien entendu que je ne donne pas ces chiffres comme absolus, et que je me réserve de les i^ectifier au fur et à mesure que je compléterai mes renseignements.
Le meilleur ivoire vient du Bernou.
La cire, le musc et l'encens viennent de Kanou, dans le Haoussa.
Les plumes viennent du Bernou et de l'Oued- Aï, sur les bords du lac Tschad, du Damergou et de l'Adrar.
Les cuirs, qui pourraient être l'objet d'un grand commerce avec des moyens de transport plus parfaits^ viennent principalement du Noufi, au sud du Haoussa.
Le coton pousse spontanément au Soudan, et l'on en fait des tissus très-estimés.
Les tapis et l'or viennent de Tinbouktou.
Actuellement, les transports ne peuvent être effectués qu'à dos de chameaux^ chacun de ces animaux ne portant que 125 à 150 kilos pour un aussi long parcours.
Le prix du transport, entre Touggourt on £l-Oued et Rbadamès, est de 60 fr. par charge de 150 kilos; de 40 fr. entre Tripoli et Rhadamès, et de 60 fr. entre Rbadamès et Rhât.
La différence du prix de transport, qui est de 20 fr. plus élevé de notre côté, se trouve largement compensée par l'entrée en franchise des marchandises sur notre territoire.
Quant aux transports jusqu'à Touggourt ou El- Oued, le gouvernement se charge d'y pourvoir jusqu'à ce que, le commerce ayant pris une certaine extension de ce côté, on puisse étudier l'établissement de moyens de communication plus rapides et moins coûteux que ceux qui existent actuellement.
Je crois utile de compléter les renseignements commerciaux qui précèdent, par un tableau des monnaies ayant cours sur les marchés de Tripoli, de Rhadamès et de Rhât, avec leur valeur en francs :
Le bar a égale 0 fr. 005,625; 20 harat valent 1 hou-acherïn.
Ij' acher-harat égale 0 fr. 01,125, 10 barat ou 1/2 hou-acherin.
Le bou-acherîn égale 0 fr. 1125.
Le guerch-turqui égale 0 fr. 225 ou 2 bou-acherîn.
Le rial sebilia égale 0 fr. 675 ou 6 id.
Le bachelik égale 1 fr. 125 ou 10 id.
Le rial sahiah égale 1 fr. 35 ou 2 rialet sebilia.
Le bou-arba égale 2 fr. 70 ou 4 id.
Le bou'khamsa égale 3 fr. 375 ou 5 id.
Le dourou cinco égale 5 fr. 0625 ou 7 1/2 id.
Le bou-maras égale 5 fr. 175 ou 7 rialet sebilia et 4 bou-acherin.
Le rial bou ter égale 5 fr. 625 ou 8 rialet sebilia et 2 bou-acherin.