‹ Le SaharaChapitre 137 sur 194 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Le Simonin. Les plaines^ de grès et les grandes dunes. La main de Dieu. Le pays de la mort dans l'avenir. Une visite an marché. Les Touareg. Une insulte grave. Punition.

Le vendredi 19 février à 11 h. du matin, comme j'étais occupé dans ma chambre à mettre un peu d'ordre dans mes notes^ je m'aperçus que le baromètre, dont la hauteur normale était de 733 mill., était descendu tout à coup à 721 ; cependant le thermomètre ne marquait que -{- 160,5 ; il est vrai que ma chambre était très-fraîche.

Voulant me rendre compte de ce qui se passait dehors, je sortis avec Ali et mes deux zaftis hors de la ville, et nous montâmes sur la colline de grès qui domine les remparts.

Je vis alors que le vent soufflait du sud-est avec une grande violence, et qu'en passant sur les plaines de grès décomposé qui s'étendent du même côté, il balayait ces plaines et en soulevait des masses de sable qui, en se dirigeant vers le nord-ouest, formaient partout comme un épais brouillard donnant au ciel une teinte grise et interceptant complètement les rayons du soleil. Je ne puis mieux comparer ce phénomène qu'aux brouillards d'automne qui s'élèvent sur les bords de nos grands fleuves.

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J'éprouvais aloni on malftise général ; je resaeniau une grande fatigue dans les bras et dam lea jambes; j'étais aveuglé par les grains de sable qui, chassés violemment par le vent, me cinglaient le viai^^ pénétraient partout, dans les jeux où ils me canaaient de vives douleurs, dans le nei, dans la bouche et jusque daus les voies respiratoires ; ma poitrine se desséchidt et il me semblait que je respirais du feu.

C'était le redoutable sim.oum^ dont jerecer^, pour la première fois depuis mon entrée daiia le désert, les brûlantes carçsses, et avec lequel je devais, plaB taid, renouveler connaissanee dans des eireonstaaces passablement critiques.

Ainsi, plus de doute : les grandes dunes qui aomtl Pouest et qui forment, sui; un sol rui|ié>| un payaaoa* veau tout rempli de terribles mystères, sont formées ou tout au moins alimentées des débris d'uà aotce pays, qui se dépouille lentement i leur profit.

Ensuite du déboisement du Sahara par ses barbares habitants et après que la couche d'argile qui le recouvrait eut été balayée par les vents violents du sud et du sud-est, le calcaire a été chauffé par la carapace supérieure de grès peu épaisse, qui se trouvait ainsi directement exposée aux rayons d'un soleil brûlant ; puis, les pluies survenant, Peau, en s'infiltrant à travers les crevasses, a mouillé le calcaire^ qui a gonflé et a soulevé, en les disloquant, les roches de erès qui le recouvraient; or ces roches, ainsi soulevées et disloquées, ont offert beaucoup plus de prise aux influences atmosphériques qui, auparavant, n'avaient d'action qu'à la surface.

^ Simowm (et non pas simoun^ comme on récrit à tort) signifie vent chaud et pestilentiel ; ce mot dérive de la racine aammaj empoiaonner quelqu'un.

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