CHAPITRE JXf
Si cette règle n'est pas absolue, j'oserais presque ■affirmer qu'elle est générale, car comment expliquer •autrement Pexistence, dans nombre de vallées de l'Erg, et notamment près du gros ghourd Dourit d Mâmmar^ sur Ta route du Souf, de ces énormes blocs de craie savonneuse, tout remplis de coquillages fossiles, que Ton dirai^ soulevés par une force souterraine ? De quelle autre façon auraient pu être soulevés également les gros blocs de grès qui sont •épars pêle-mêle, les uns debout^ ne se soutenant que par un miracle d'équilibre, les autres renversés et parfois superposés, dans les parties du hamada qui ne sont pas encore désagrégées ?
Il peut se faire que, généralement, les dunes aient -commencé à se former sur place, c'est-à-dire avec des «ables produits dans les contrées mêmes où elles s'élèvent. Cependant, je dois excepter de cette règle les dunes de Bethboul, ainsi que celles d'El Achija, -dans le bassin de l'Igharghar, qui s'élèvent au milieu de plaines de grès dont la désagrégation n'est pas -encore commencée.
Quoi qu'il en soit, si les dunes n'avaient eu, pour les alimenter, que les roches sur lesquelles elles s'élèvent, elles n'auraient jamais atteint les proportions colossales que je leur ai trouvées dans le Zemoul Akbar ; l'Ërg ne serait qu'une contrée sablonneuse, assez accidentée, telle qu'elle était sans doute à l'époque où les Romains firent leur expédition de Fbazanie.
Pline dit que du pays des Phazaniens, dont Cydamus était une ville, on apercevait au loin, à Touest, une montagne si noire qu'on aurait dit qu'elle avait subi l'action du feu, et que cette montagne fut appelée Ater, Ce serait en vain que l'on chercherait aujour-
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J'éprouvais aloni on malaise général ; je ressentais ane grande fatigue dans les bras et dans les jambes; ' j'étais aveuglé par les grains de sable q[iii, chassés violemment par le vent, me cinglaient le visi^^ pénétraient partout, dans les jeux où ils me causaient de vives douleurs, dans le nés, dans la boache et jusque dans les voies respiratoires ; ma poitrine se desséchait et il me semblait que je respirais an feu.
C'était le redoutable sim.onm^ dont jerecevais, pour la première fois depuis mon entrée dans la désort, les brûlantes caresses, et avec lequel je devais, pkus taid, renouveler connaissance dans des cireonstanees passablement critiques.
Ainsi, plus de doute : les grandes dunes quiaostl l'ouest et qui forment, sui; un sol vmfïé, un pays noo^ veau tout rempli de terribles mystères, sont fonnées ou tout au moins alimentées des débris d'un antes pays, qui se dépouille lentement i leur profit
Ensuite du déboisement du Sahara par ses barbares habitants et après que la couche d'argile qui le recouvrait eut été balayée par les vents violents du sud et du snd-est, le calcaire a été chauffé par la carapace supérieure de grès peu épaisse, qui se trouvait ainsi directement exposée aux rayons d'un soleil brûlant ; puis, les pluies survenant, Peaa, en s'infiltrant à travers les crevasses, a mouillé le calcaire, qui a gonflé et a soulevé, en les disloquant, les roches de grès qui le recouvraient; or ces roches, ainsi soulevées et disloquées, ont o£Pert beaucoup plus de prise aux influences atmosphériques qui, auparavant, n'avaient d'action qu'à la surface.
^ Simown (et non pas simoun^ comme on récrit à tort) signifie vent chaud et pestûenitél ; ce mot dérive de la racine sammaf empoisonner quelqu'un.