CHAPITRE X
Les Tonareg et les Imouchar. Les Azgner et les Hoggaren. Les nobles et les serfs. Mœurs et coutumes. Leurs querelles et leurs guerres.
Les vrais Touareg, ^ cetix de la tête, comme disent les Arabes, habitent le pays d^Aïr, entre Rhât et le Soudan ; ils se nomment KaïlaouL ^ Ces Touareg sont noirs, mais il 7 a beaucoup de blancs parmi eux et beaucoup de mulâtres par suite de croisements. Ils habitent un pays fertile, boisé, couvert de villages et arrosé de nombreux cours d'eau; ils ont des troupeaux et des chevaux de belle race. Les Kaïlaoui sont pasteurs et commerçants ; ceux qui s'occupent de commerce vont acheter du sel di^ns le Têbou, pays situé entre le Fezzan et le Bernou, et le portent au
^ Touareg fait au singulier Targui, C'est un mot arabe qui dérive peut-être de la racine tharaqa, qui sig^nifle ataaûUr quelqu'un pendant la nuitj on encore faire une incursion de nuit^ ce qui entre bien dans les habitudes de ces peuples. Si cette é^molog^e était la vraie, il faudrait écrire Thouareg et non Touareg ; cependant, elle me paraît plus rationnelle que celle de taraka, U a été abandonné (de Dieu), qui m'a été donnée par quelques lettrés.
^ Mon défaut de connaissance de la langnie tamacheq, en usage chez les Touareg, m'oblige à toujours conserver l'orthographe arabe et à copier les noms tels qu'ils ont été écrits par les perflonnes qui m'ont donné ces renseignements.
Soudan où ils passent régulièrement si: mois dft' l'année. Ce peuple est très-douK, au dire des Arabea- *
Toutes les caravanes qui traversent le pays d'Aïr paient au chef un droit de passage.
Une autre tribu de vrais Touareg, appelée KilgiierSy est établie sur 1b territoire de SeketoUj à trois journées de marclie ati nord de cette ville. Les gens de cette trilm font aussi le comnierce du sel, mais de seconde main et dan^ le pays seulement, landiB que les Kaïlaou^ vont jusqu'à Tinboukton.
Mais ce n'est point ans Kaïlaonî, aux vrais Touareg, que ce chapitre eEt consacré; c'est à ceux que M. Henri Duveyrier appelle Touareg ilu Nord^ que les Arabes appellent Tounreg hlaneu et auxquels, suivant l'exemple de M. le commandant Hanotean, je restituerai leur véritable nom à'Inioiichar.
Pendant la durée de mon voyage à Rhadamés, je me suis attaché à fréquenter les Imouchar, afin de recueillir sur cette singulière nation le plus de renseignements possible; je nie suis fait de bous amis parmi les principaux d'entre eux, avec qui je faisais journellement échange de visites et de bons procédés; mais je n'ai pu vivre assez longtemps en leur compagnie pour recueillir sur leur compte des renseignements très-éteadns. Je me bornerai donc à ne donner ici que ceux de ces renseignements dont je puis garantir l'exactitude. Du teste, ce chapitre a surtout pour but d'établir l'origine des querelles qui ont divisé les Imouchar dans ces dernières années, ainsi que l'historique de la guerre qui en fut la conséquence.
Grâce à l'obligeance de Si Mohammed bou Aïcha, qui a bien voulu, non-seulement me communiquer, mais encore me donner copie des nombreux docti-