CHAPITRE XIII
Après que nous eûmes franchi les dunes qui la dérobaient à notre vne^ on me montra, à gauche, s^éloignant vers le N.-O. (nous marchions N.-N.-O.), la direction du puits appelé Mouy Aissa ou Petite eau d^ Aissa, creusé à trois journées de marche, et par lequel passa M. le commandant Bonnemain que les Arabes connaissent sous le nom de Moustapha Bou-el-Ma.
La plaine que nous traversâmes jusqu'à midi est appelée Çahan Tanguer^ c'est-à-dire Plaine (creuse) de la Contestation; elle est sablonneuse ou graveleuse^ parsemée de petits gour de 2 à 3 mètres ; elle est usée et déprimée en nombre d'endroits; les dunes assez élevée» qui l'entourent portent le nom d'oughroud Tanguer,
A midi 40, nous passâmes entre deux siouf auxquels des trous creusés par le vent à leur base, ont valu le nom à! El Megharînat, c'est-à-dire Petits trous.
Nous traversâmes ensuite une succession de petites plaines séparées par les dunes ; puis nous suivîmes^ pendant 20 minutes, un défilé étroit entre deux grosses veines appelées Zemdet el Harcha^ c'est-à-dire les Dunes raboteuses^ parce que le grès se montre partout aux alentours par blocs poreux en voie de décomposition. Nous campâmes, à 4 h. 15, an milieu des sables.
Ici, les oughroud ont encore 100 mètres d'altitude au-dessus du fond des vallées ; mais ils diminuent de hauteur dans la journée du lendemain, parce que l'on traverse une sorte de plateau élevé peut-être de 200 mètres, au sommet très -accidenté, couvert de gros siouf, dont la hauteur moyenne ne dépasse pas 60 mètres.
Les bosquets d'âzel, que l'on aperçoit partout sur
les dunes, sont pina rapprocliés qae la veille, l'air que l'on respire est imprégné du parfum de leurs jolies fleurs,- le sfâr et le Iibiiqei eut disparu ; l'alfa est plus ou moins abondant suivant que le sable est plus ou moins épais; le belma. devient rai-e et chétit'; le Iiad et le bou^s el hegra sont, on revanche, tràsnbondauts.
La marche de cette joi ble et facile par une bon s'était élevée dans la mai n'avaient cessé de clianter o marchant, s'amusèrent, le si
oée avait été rendue agréa- I petite brise du nord ([h' lée. Mes compagnons, qui u de jouer de ta flûte ea tir, k essayer leurs pii
s dont ils se servaient avec beaucoup d'adresse.
Les meilleurs morceaux d'uue gazelle tuée dans U< soirée, ainsi qu'un bon plat de couscoussî, fireut les frais du souper. Le bon vieux Nacer ne savait comment me témoigner sa reconnaissance pour la tasse de café dont je le gratifiais matin et soir. Il ne cessait de recommander aux antres, qui du reste l'écoutaient comme un oracle, d'être coraplaisanta pour moi. — tEt surtout, répétait-il souvent, ne le faites pas mettre en colère 1 >
Cependant notre satisfaction n'était paa parfaite, car Que outre ayant encore été crevée dans la journée par les cornes d'une gazelle que l'on avait BDspendne par les pattes an bât d'un chameau, nous avions dH prendre le parti de noua rationner et de ne boire que trois fois parjonr par petites quantités.
Le samedi 13 mars, huitième jour de marche, fut un triste jour.
Le soleil commençait à se montrer à l'horizon lorsque nous nous mîmes eu marche. Nous traversâmes d'abord une succession de petites plaines séparées par des dunes pour arriver, A 7 h. 50, près de