CHAPITRE XIII
avaient disparu. L'inquiétude fut grande parmi les Rebâïa qui^ après quelques recherches infructueuses aux alentours, se réunirent en conseil pour délibérer.
Ils Tîraignaient que les Châamba, dont ils connaissaient la ruse, n'eussent profité de la tempête pour éloigner les animaux, afin de pouvoir attaquer, avec plus de chances de succès, la troupe dispersée à leur recherche. Cependant^ comme les chameaux qui manquaient avaient été achetés à Ehadamès quelques jours avant le départ, j'émis aussi mon opinion et je dis :
— De deux choses l'une: ou bien les Châamba cherchent à nous disperser pour nous tuer isolément j ou bien les animaux, p^eu habitués à leurs nouveaux maîtres^ ont repris d'eux-mêmes le chemin de Rhadamès. Dans Pun et Fautre cas, il suffit que deux hommes aillent à leur recherche, les autres demeurant ici sur la défensive.
Deux des plus habiles chasseurs disparurent aussitôt dans Pépais brouillard de sable qui nous entourait, car la tourmente ne s'était pas calmée et les recherches des chasseurs devenaient d'autant plus difficiles que les traces les plus profondes étaient aussitôt effacées, et que le sable soulevé ne leur permettait pas de distinguer les objets à une bien grande distance.
Cependant une heure ne s'était pas écoulée que l'un d'eux ramena les trois chameaux et une chamelle. Nous comprîmes dès lors que les Châamba n'étaient pour rien dans ce qui nous était arrivé. Le chasseur repartit aussitôt pour aller rejoindre son compagnon.
Le temps s'améliora vers midi ; le vent, qui était retourné au sud-est à 5 h. du matin, repassa alors au nord-ouest ; le baromètre s'était relevé de 744 mill. à
448 DBCXl£»B PABTIE.
747, le thermomètre ae marquait que 34%6 ; il y avait oncoro beaucoup de sable daas l'air, mais ta vuo pouvait H'étendre au luia.
A 2 h. 30, nos compagnons arrivèrent enfin avec la chamelle qu'ils avaient retrouvée cheminant paisi' blement à moitié chemin de l'étape précédente. Ces malheureus, qui étaient partis le matin sans prendre aucune nourritui'e, n'avaient cessé do courir depuis lors & trarera les dunes et ils étaient épuisés.
Après un frugal repas, nous nous mîmes »n marche iV 2 h. 40, avec l'intention bien arrêtée de voyager la iiDtt pour rattraper le temps perdu, car il ne nous reataitqii'une demi-outre d'oau et, même en y toute l'économie possible, nous devions fatalei
manquer.
Nous traversâmes, jusqu'à 3 h. 55, une grande plaine appelée Çohan et Aharch ou l&'Plavuetrea-rabottuse, parce que, à l'exception de quelques partieB graveleuses, elle est partout couverte de lilous de gr^!> décomposé qui cèdent sous la marche avec un bruit semblable à celui de la neige se tassant sons les souliers.
A 4 b. 65 j'aperçus, allant à gauche par 620, \xa.o belle vallée unie, large de 1000 m. environ, bordée, aussi loin que la vue peut s'étendre, de dunes asseï élevées, parsemées de beaux arbrisseaux.
Nous itmes halte, à 7 h,, au milieu d'une plaine sablonneuse. Comme le vent soufflait très-frais du uord-est, nous nous abrit&mes de notre mieux derrière de gros pieds d'aleuda.
Le lundi 15 mars, dixième jour de marche, nous partimesàSb.SOdu matin. Il s'agissait de rattraper le temps perdu la veille par une marche forcée, car nous étions encore très-éloignés du puits le plus rapptodié,