‹ Le SaharaChapitre 172 sur 194 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Bir Berres Çof^ où je craignais que nous ne fussions obligés de passer. Mes préférences étaient pour Bir ed Djedid qui n'avait encore été vu par aucun voyageur, tandis que Bir Berr es Çof avait été visité par M. Henri Duveyrier.

Malheureusement, les Arabes ne savent jamais au juste la distance qu'il y a d'un lieu à un autre, et quoique mes compagnons eussent passé peut-être vingt fois par le même chemin, il leur était impossible de me dire quand nous arriverions au puits. Leur réponse invariable était : « Nous y souperons ce soir ou nous y déjeunerons demain, in cha Allah (s'il plaît à Dieu). » Et je devais me contenter de ces vagues indications.

Si les marches de nuit sont agréables dans les plaines sablonneuses, elles sont très-fatigantes dans les dunes, même |par un beau clair de lune, car les ombres que projettent les arbrisseaux cachent souvent à la vue des trous assez profonds, au fond desquels on est exposé à rouler pêle-mêle avec les chameaux ; et cependant il serait dangereux de marcher trop éloignés les uns des autres, surtout pour ceux qui ne connaîtraient pas parfaitement la route.

A 4 h., nous passâmes près d'un sif que l'on appelle Natrounîa, Un chameau qui portait une charge de natron (en arabe natroun) étant mort de soif en cet endroit, on fut obligé d'y abandonner la charge ; de là le nom de ce sif.

Nous traversâmes ensuite nne plaine assez vaste appelée Çàhan Rakhïa^ ou la Plaine molle^ parce que le grès décomposé dont elle est couverte cède sous les pieds.

* Pu verbe-racine rekha^ s'amollir, lâcher.

PEUrifeMB PARTIE. I

A 5 h. 35, nous passâmes à l'ooeet d'une grosM doiie à laquelle sa forme ronde a vala le nom de Ze- •mtht D'iurja ; A 5 U. 50, nons franchîmes un passage dangerenï consistant en nn enclievêtrement de dnnes ent"" lesquelles se trouvent dos précipices.

ns arrivâmes, à 7 h, 20, au pied d'une autre grosse ne appelée Zemdet d Oourrafa, e'est-A-dire U JJuïie du détour, et nous nous trouvftmes h. l'entra d'une très-belle vallée graveleuse, très-unie, large ^6 2000 m. envi ' 'ée de dunes de 100 n».,

d'altitude.

A partir do ce point, dunes prennent une forma régnlif^re : ce sont des ■ les rondes, allongées dans le sens de notre route, ii« les de 100 k 120 m., entre lesquelles se trouvent ui uccossion de belles valléeï parallèles, couvertes de viers fins et complètement dégagées de sable jusi ,u pied des dunes qni lei bordent. La végétation ei t presque nulle dans ce< plaines : ce sont quelques pieds rabougris d'alenda et, par ci par là, quelques Odonis, le OrocHam guUatum, l'Echium humUe et quelques maigres toaffes de sfSr. J'y trouvai aussi, semées parmi les ^aTÎers, de nombreuses racines pétrifiées par une incrustatioD d'albâtre. An delà de Bir ed DjedÀd, je trouvai ces mSmes racines en très-grande quantité dans les petites dépressions que les dnnes laissent entre elles.

La première vallée daus laquelle nous entrâmes à 7 h. 20 porte le uom de Çahan d Oourrafa ; nous en sortîmes & 10 h. 45 pour marcber, pendant nn quart d'heure, à travers des veines, jnsqu'an ghoord eZ Lapa on de la Bifurca^on. Là on me montra le chemin de Bir Berr es Çof qui se dirigeait à droite par 450''.

Une discussion s'engagea alors entre mes compa-

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