‹ Le SaharaChapitre 182 sur 194 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

sablonneuses de ces dépressions ; qnant aux arbustes qui poussent sur le calcaire mis à nu, ils sont toujours rabougris.

Après cette longue mais utile digression sur la végétation des dunes, j'en reviens à notre cuisine.

Comme le feu venait d'être allumé sous la marmite, Pun de nos nouveaux compagnons crut m'être trèsagréable en m'oflPrant une de ses gazelles. Quoique je n'eusse nulle envie d'en goûter, je sus néanmoins gré à cet homme de ses bonnes intentions, et je lui ofiris à mon tour de la farine et du sel pour se faire de la rouina. Quant à la gazelle, je la donnai à mes chameliers qui, moins délicats, n'en laissèrent pas perdre le plus petit morceau.

A 7 heures, le vent s'étant définitivement fixé au sud-est, le ciel se couvrit de nuages blancs et un large cercle se montra autour du disque de la lune.

Le samedi 20 mars, je me mis en marche à 4 h. du matin pour faire ma dernière étape dans l'Erg. Mes compagnons étaient joyeux et je partageais leur joie; toutes les fatigues étaient oubliées et, malgré les difficultés très-grandes de la route, nous marchions bon train.

A 5 heures, nous traversâmes quelques petites dépressions boisées appelées Choucht Oudei d Ghazal^ ou les Vallons boisés de la Gazdle] à 5 heures 35, nous passâmes près d'un puits comblé par les sables appelé Bir Bagam^ et à 7 heures 10 nous nous arrêtâmes, pour déjeuner, au lieu dit El Nàkhla^ c'est-àdire le Palmier.

El Nakhla n'est pas une oasis à proprement parler : c'est une succession de petits jardins de palmiers disséminés entre de hautes veines de sable, sur la

DEUÏlfcME P

crête de3C[tielles on a planté des baies de djerids ' alin d'empêcber l'ensablement dee jardins. L'eaa des pnits d'El ICakhla eut délicieuse à boire, aussi nous

0 lecteur ! comment exprimer toute la joie qu'Éprouve le voyageur qni, sortant de parcourir les afireus déserta de l'Erg, où pas un arbre ne s'élève

pour lui prËter conle pour rafraîcînr st marcher pendant de long ot où il n'a trouvé, pou renaissante, que quelqu corrompue, perdus da

poitrine,

«ne source ne ais où il a dû n soleil brûlant,

r apaiser sa t BB puits d'e s cette i is-ja, toute la joie qu'il éprouve à la vue de ces frais ombrages qui s'offrent soudainement à lui au milieu de cî^tte nature morte; k la vue de cette eau fraîche, limpide et douce comme du miel, qu'il va enfin pouvoir savourer k longs traita ? C'est une s que l'on peut éprouver, mais qu'il l'exprimer ni par la parole ni par l'écriture. Quant ;\ moi, il me semblait que je venais de renaître, et en efi'et, ne quittais -je pas le pays de la mort pour rentrer dans le pays de la vie ?

Mes compagnons, non moins enthousiasmés, com' mencèrent k faire parler la pondre en signe de réjoDÎBsance. Ces rudes enfants du désert ne savaient dissimuler la joie qui débordait de leurs cœnrs, k la pensée qu'ils allaient revoir leurs humbles gourbis et les êtres aimés qni les attendaient depuis de longs

Nous reprîmes notre marche à 7 heures 45, pour

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