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CHAPITRE XIV

pulvérisant sous les influences atmosphériques, pro duit les dunes en voie de formation dont je viens de parler.

La même chose a dû se passer dans la région de VEiYg : la croûte végétale a été balayée d'abord, puis la carapace de grès, mise à nu, s'est désagrégée et a formé les dunes ; mais Phumus qui a servi de base à ces dunes est sans cesse ramené à la surface, et c'est ce qui explique ces veines noires, terreuses, que j'ai toujours remarquées après la pluie sur les veines et . swc les oughroud. Cette quantité d'humus est encore augmentée par les végétaux en décomposition que l'on rencontre plus loin.

En efiFet, plus l'on s'éloigne des centres habités, plus la végétation se montre luxuriante. Dans les dunes d'ancienne formation, qui ont cessé de grossir^ aussi bien que dans celles auxquelles des foyers presque éteints ne fournissent qu'une faible alimentation, comme par exemple entre Bir ed Djedid et Rhadamès, on voit des troncs très-anciens se détacher jusque sur les sommets des oughroud; parfois aussi de beaux arbrisseaux, couverts de fleurs au printemps, forment de loin en loin de petits bosquets d'un aspect vraiment réjouissant au milieu de ces contrées sauvages. Sur les flancs des oughroud et sur les veines qui sillonnent les plaines ou qui traversent les vallées, l'alfa se montre par touffes vigoureuses et serrées, tandis que les plaines nues ou les vallées peu sablonneuses ne nourrissent que quelques arbustes épineux, maigres et rabougris. •

Dans les dunes de formation récente ainsi que dans celles qui, alimentées par des foyers puissants, grossissent encore avec rapidité, comme par exemple dans la partie de TErg comprise entre Bir el Achiya,

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Ilassl Bottbin et Rbadamèe, la végétation, jeune uiAÎs assez clair-semée sur les hauteurs, ne se couipcise i^ue des sujets dont la croissance est assez rapide pour les préserver de l'enseTelissement par les sables qoe les vente ne cessent d'apporter lorsqu'ils souffient ilu sud-est. Pour échapper à la destruction, il faut *|Ue cette végétation poisse se renouveler au fur et k mesure qnc les dunes grossissenL Du tronc peu à peu enseveli sortent de nouvelles racines, et d'un arbrisseau qui, là oii il pousse librement, a souvent jusqu'à 3 mètres de hauteur, on n'aperçoit que des jeuaos pousses se montrant an-dessus de cette marée sans cesse montante. Ainsi des dunes, hautes de plusienrs centaines de mètres, peuvent être traversées de la base au sommet par les faibles arbrisseaux autour desquels se sont arrêtés, il y a des siècles, les premiers grains de sable qui ont été comme les fondements de la masse arénacée qoe l'œil étonné du voyageur contemple aujourd'hui.

Quoique nombre de jeunes tiges périssent pendant des périodes de sécheresse, par exemple, faute d'une croissance assez i-apide pour échapper à un enaevelissemetit complet, il est hors de doute que la végétation serait beaucoup plus serrée dans ces régions, si la plupart des jeunes pousses qui se montrent après les périodes pluvieuses, u'étaient aussitôt dévorées par les herbivores, gazelles et autres, qui pullulent dans ces parages.

Cependant ou trouve, dans les ravins qui serpentent entre les dunes en voie de formation, de baaui pieds d'alfa, ainsi que des arbrisseaux très-anciens. Cette différence provient de ce que le sable transporté ne s'arrête que sur les sommets ; mais l'alfa et les beaux arbrisseaux ne croissent que dans les parties

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