‹ Le SaharaChapitre 185 sur 194 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

le cadi Si Aïssa ben Ahmed es Smati el Djellali, ainsi que de plusieurs cheikhs et notables du pays.

La réception fut des plus cordiales. On me conduisit dans la casbah où Pon m'offrit de suite du lait, des figues, des dattes excellentes et des oranges, le tout à profusion.

Le khalifa et le cadi me dirent que ce jour resterait gravé dans leur mémoire, parce que le matin même un courrier, envoyé par Tagha de Touggourt, leur avait apporté leurs sceaux, emblèmes de leurs charges. Ma venue était donc d'un excellent augure.

Si Mehemet ben Touati, dont j'avais déjà entendu parler avec avantage par les chasseurs Rebâïa mes compagnons de voyage, est un homme de 45 ans environ, court de taille, avec un embonpoint assez prononcé ; d'un aspect agréable, sympathique même, l'ensemble de sa physionomie dénote l'intelligence ; sa bonne figure ronde est encadrée d'une barbe courte, grisonnante. Ce n'est point l'homme maniéré qui sait se couvrir d'un manteau de circonstance pour se présenter à ses hôtes; ses allures sont, au contraire, d'une franchise alliée à un cachet de dignité qui^ tout en inspirant confiance à ses subordonnés, les maintient dans les limites d'une respectueuse familiarité. Aussi les cheikhs du Souf font-ils ce qu'ils peuvent pour seconder leur chef, et les Souafa sontils enchantés de sa loyale administration et de l'impartialité avec laquelle il sait rendre la justice, sans s'inquiéter de l'état de fortune de celui qui lui soumet sa cause.

Quant à mon ami le cadi, il ne savait comment manifester la joie qu'il éprouvait de me revoir. « — Comme tu es devenu noir I me dit-il ; tu as dû bien souffrir dans les dunes ? Aujourd'hui, ajouta-t-il, tu

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es l'hfltB dn khalifa; mais (letnain tu viendraB manger* chez moi ; mes deux serviteurs t'atlendent avec impatienue, et nous te conservonB, depuis quinze jours, nue excellente galette que l'on m'a envoyée de Tunis, i

On m'apporta ensuite un paquet de lettres et de jonmaux qne Si Mohammed bon Dries avait envoyés de Touggourt, où ils m'avaient Hé adressés. Le klialit'a me dit qu'il retarderait jusqu'au soir l'euvoi de Bon courrier, afin de me donner le tempa d'écrire qnelquea lettres ; puie on me laissa seul au dépouillement de ma correspondanee.

Parmi les nombreuses lettres qui m'avaient été espédiées depuis mon départ, j'en trouvai une de M, le général Lieliert, me donnant de nouveaux renseignements sur la situation politique du Sahara central {le pays dos Touareg) et me recommandant sagement de rester en debors des questions qui divisaient les habitants de ces contrées ; mais pendant

recommandations verbales de M. le gouverneur général et de M. le général Liebert, et l'expérience m'a fourni, en effet, la preuve que la réussite des projets, la vie même d'un explorateur dans le Sahara, dépendent de la prudence avec laquelle il se conduit.

J'écrivis ensuite plusieurs lettres, dont une à Si Mohammed ben DrisB pour lui faire part de mon heureuse arrivée à El Oued, et pour lui annoncer que je partirais le 22 au matin pour arriver à Touggourt dans la journée du 24.

Ma corre'spondance achevée, j'envoyai Ali la porter chez le khalifa, lui recommandant en même temps de m'amener mes chameliers, afin de leur demander s'ils consentiraient A me conduire jusqu'à Touggourt.

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