A MONSIEUR
GUSTAVE EEVILLIOD.
G est grâce h votre bienveillant et constant appui qu'il m'a été permis d^ écrire ce livre. Je ne puis mieux faire que de vous le dédier.
Voyageur philosophe et poete^ vous avez toujours aimé cette vieille terre de V Islam, toute remplie de chevaleresques souvenirs. Humble apôtre de la civilisation^ je la parcours aujourd'hui^ semant sur ma route des paroles de paix et de fraternité^ après tant de siècles de guerres cruelles et fratricides.
Comme tant d'autres^ je lutte : je combats l'influence des sectaires qui^ en propageant l'esprit départi^ divisent les hommes et retardent les progrès deVhumanité,
Quels que soient les visages^ les mœurs et les religions^ tous les hommes sont frères, parce qu'ils sont tous fils de Dieu^ et que leurs prières s^ adressent au Père commun.
Vous avez respiré autrefois^ en Algérie^ l'air parfumé du Sahel sur les riants coteaux de Mustapha] plus
tard^ en compagnie d*hommes illustres^ vous êtes allé saluer V œuvre de M. de Lesseps et inaugurer j pour r Egypte transformée^ une ère nouvelle de' progrès et de dvîlîsatîon.
Des Pyramides, vous avez entrevu le Désert ; grâce à vous, il m*a été donné d*en sonder les mystères.
Vous avez aidé mes premiers pas dans ces vastes solitudes qui séparent l* Algérie du Pays des Noirs,
Me sera-t'il permis de nouer ^ entre le Soudan et la France^ qui fut aus^ la patrie de vos pères, des rda- Uons pacifiques qui puissent apprendre aux hommes à se connaître et à s'apprécier f
Unies par la réciprocité des intérêts^ l'Europe et r Afrique Equatoriale doivent-elles un jour^ à travers le Sahara, se tefndre une main fraternelle f
C'est là ma conviction^ et je poursuivrai sans relâche V œuvre commencée.
Puisse le Dieu Unique couronner mes efforts,
Genève, le 1"' septembre 1876.