‹ Le SaharaChapitre 4 sur 194 · MÉLANIE ROBERT DE LA MORINIÈRE · texte numérisé non relu

MÉLANIE ROBERT DE LA MORINIÈRE

Us entraient dans la vie; tout leur souriait.

Leur jeunesse était belle comme une matinée de printemps; ils marchaient dans des sentiers fleuris ; Vair qu*ïls respiraient était imprégné des parfums qui s* exhalent, en mai^ des coteaux boisés du Poitou,

Ils vivaient heureux sur les bords ombreux de la Gruartempe, dont les eaux coulent au pied de la verte colline au sommet de laquelle se dressent^ toujours imposants malgré les siècles^ ces monuments aux sombres façades oii Von dit que les prêtres du paganisme allaient sacrifier à leurs dieux.

De ces jours heureux il ne reste plus que le souvenir. Le temps a passé

Le bonheur n^a qu'un printemps. C^est une fleur qui s'épanouit et qui s'effeuille.

Sous le ciel ardent du Désert, au milieu des immenses solitudes que je me suis pris à aimer^ il m'est arrivé d'apercevoir un lac aux eaux limpides et brillantes.

Des tleSf toutes sombres de verdure^ émergeaient du sein des ondes.

Je marchais vers le lac pour apaiser la soif qui brûlait ma poitrine ; mais bientôt tout s'effaçait et^ à la place du lac argenté^ je n'avais plus sous les yeux qu'un sol aride et nu.

Comme ce mirage qui m'attirait et qui s'est évanoui^ le bonheur fuit quand nous croyons le saisir.

Parfois, nous sommes cruellement éprouvés] mais il est des natures d'élite que le malheur retrempe au lieu de les accabler. Elles s'inclinent sous la volonté du Maître pour se relever plus fortes^ plus résignées et prêtes pour de nouvelles épreuves. — Vous êtes. Mademoiselle^ une de ces natures généreuses et fortes.

Frappée dans vos plus chères affections.^ ne pouvant plus trouver le bonheur ici-bus, vous vous êtes vouée au soulagement de ceux qui souffrent.

Prêtresse de la charité.^ les pauvres vous vénèrent et vous bénissent. Permettez au voyageur de s'associer à leurs bénédictions ; comme eiwc, il vous doit son tribut de reconnaissance. D'ailleurs^ vos souvenirs sont aussi les siens^ car son cœur s'est toujours entendu avec le vôtre au nom de celui qui n'est plus.

Genève, le 1®' septembre 1876.

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