CHAPITRE lY
dans notre esprit par Pétnde de la science et de la philosophie.
Becueillant et réunissant avec un soin jaloux les trésors épars des temps anciens et modernes, elle a dégagé des erreurs grossières, dont Font entourée les brahmes dégradés de PInde et les prêtres corrompus de FEgypte, la morale si parfaite des Vêdas ; de même les sublimes enseignements du Christ ont été épurés par elle et dégagés du tissu de miracles et d'inventions ridicules dont ils ont été entourés pour frapper l'imagination des peuples.
La franc-maçonnerie, enfin, travaille à établir la ruson à^a place de la superstition, la vérité à la place du mensonge ; à porter la lumière là où sont les ténèbres ; et elle j travaille en , propageant l'instruction, qu'elle considère comme le seul remède propre à combattre les maux qui affligent Thumanité.
Les ordres religieux musulmans n'ont rien de commun avec la franc-maçonnerie. Isolés, ennemis même les uns des autres, se renfermant dans une interprétation plus ou moins étroite du Coran, ils n'ont de commun entre eux que leur haine contre tout ce qui vit en dehors de leur sphère.
Ils peuvent cependant être comparés à nos ordres religieux et à nos couvents du moyen âge qui, conservateurs de la science^ se plaît-on à dire, l'ont si bien conservée pour eux que le pauvre peuple, élevé sous leur direction au sein des ténèbres de l'ignorance, se vautrait partout dans la pratique des plus grossières superstitions. Ils conservaient la science, les bons pères, parce qu'en la propageant et en instruisant les masses, ils n'auraient pu avoir, au service de leur paresse et de leurs haines, ces millions de serfs qui cultivaient leurs terres et qu'ils armaient même,
au besoin, lorsque, le goupillon devenant insuffisant, il devenait urgent d'employer le fer et la flamme pour étouffer, dans des flots de sang, la libre pensée malgré tout sans cesse renaissante.
Les ordres musulmans peuvent encore être comparés à l'ordre des Jésuites : ils ont, en effet, ceci de commun avec les disciples de Loyola et d'Escobar, que l'affilié doit être comme un cadavre dans la main du maître; qu'il doit, sous la direction de celui-ci, travailler à abêtir et à fanatiser les masses pour en faire des clients fidèles, et qu'enfin tous ses efforts doivent tendre à augmenter, par tous les moyens, les trésors de la zaouïa ; trésors des pauvres^ disent les saints hommes, mais qui, en réalité, servent à assouvir leurs «appétits sensuels, ainsi qu'à étendre et à asseoir leur domination sur les masses ignorantes et fanatiques.
Le lundi 18 janvier, la poudre parla de grand matin dans l'oasis de Touggourt ; déjà, au lever de l'aurore, des coups de fusil et des chants se faisaient entendre de tous côtés.
Dès que le soleil bondit au-dessus de l'horizon pour s'élancer au milieu d'un ciel pur, une immense clameur s'éleva pour saluer le jour qui commençait, jour de grandes réjouii^sances chez tous les peuples musulmans.
C'était el Aid el Kébîr ou la Grande, f^te dont les Croyants acclamaient l'ouverture; or, cette fête se célèbre le douzième jour de Dou el Adjedja^ qui est le douzième mois de l'année musulmane, en commémoration du sacrifice d'Abraham.
Voici comment le Prophète raconte, dans le Coran, la légende du sacrifice d'Abraham, légende qu'il connaissait, comme nous, par les livres de Moïse ; le