CHAPITRE I
Ail delà et jusqu'à une autre chaîne de collines appelées Koudiat en Neyel^ que nous franchîmes à 2 h'. 10, nous traversâmes une plaine généralement grayelense, presque sans végétation ; cependant dans nne partie accidentée et sablonneuse, que nous traversâmes à 1 h. 45^ je remarquai quelques touffes de tamaris.
El Koudiat en Neyd ou les Collines du Cadeau^ qui s'étendent d'abord de Test à l'ouest, se dirigent ensuite vers le nord pour aller se confondre avec celles de Ham el Mâmmar^ auxquelles elles ressemblent du reste en tous points. A l'endroit où nous franchîmes ces collines (solution d^ continuité large de 300 m. environ), nous éprouvâmes de grandes difficultés à traverser un banc de gypse dont la surface, au ras du sol, est formée de lames très-minces^ hautes de 26 centîm., plantées verticalement et très-rapprochées les unes des autres. Ces lames, claires et transparentes comme du verre, brillaient d'un tel éclat sous le soleil, qu'il nous était impossible de regarder à terre, en sorte que nous ne pûmes avancer que très-lentement, à tâtons pour ainsi dire, au milieu de ce dédale éblouissant ; une chute n'eût pas été sans danger sur ces lames tranchantes qui se brisaient, sous les sabots des chameaux, avec un bruit semblable à celui que produiraient plusieurs feuilles de verre à vitre tombant sur le pavé.
An delà des collines le pays est assez accidenté. A 2 h. 45, j'aperçus, à notre gauche, une profonde
dépression, longue de 600 m. environ, dont le fond uni est recouvert d'une épaisse couche de magnésie ; cette dépression est appelée Mgharin^ c'est-à-dire les
Trous.
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par des dunes peu élevées. A 9 h. 15, le lit tourne à gauche, du côté de Test, et je le perdis de vue.
A 9 h. 30, nous nous arrêtâmes pour prendre quelque nourriture; notre déjeuner se composa d'une galette cuite sous la cendre, d'œufs durs et de dattes. Nous repartîmes à 10 h. 5 ; le thermomètre marquait 38® 5 et il soufflait une faible brise d'est.
De ce point jusqu'aux collines de Hàssi dMâmmar, que nous franchîmes à midi 40, l'on marche sur un plateau élevé, tantôt graveleux, tantôt sablonneux. Les parties graveleuses ne nourrissent que quelques maigres arbustes appelés zimeran et haégud, tandis que les parties sablonneuses nourrissent, outre une belle végétation de sfâr et d'alfa, le bel arbrisseau appelé retem et le hennat ed Djemal ou henné des chameauXj dont ces animaux sont très-friands.
Les collines de Hassi el Mâmmar^ c'est-à-dire du Puits plein^ hautes de 15 à 20 m., abruptes et usées au point de ressembler à une mince muraille au milieu de la plaine^ s'étendent en un immense demi-cercle allant du sud au nord : elles sont formées de blocs d'un tuf d'albâtre siliceux renfermant quelquefois des débris de végétaux, et dont l'analyse donne du sulfate de chaux, de la silice pure, des silicates de fer et du calcaire en grande quantité. ^ Ces blocs sout disposés en couches horizontales très-décomposées à la surface. Ces collines sont assurément appelées à disparaître dans un temps assez rapproché, et déjà elles présentent, de distance en distance^ des solutions de continuité.
A cause de leur nom, je demandai à mon guide s'il y avait un puits au pied de ces collines, mais il me répondit négativement.
^ D'après l'analyse de M. Brun, pharmacien à Genève.