L’INTENDANT, HORT EN CE, ROSETTE, LUCAS, BASILE
Les Amoureux , gaîment.
Aï B. : Et -puis ils prirent le cochon,
Nous n’kvons pas été longtems.
Paix , j’enttnds ma voiture.
( Il VA pour mter dans la niche , et s'arrête, )
Maïs iî faudrait à vos parens Déguiser ma figure.
LUCAS
Ok ! feu sais bien Le vrai moyen ,
Mais c’est qu’en user Serait abuser,.,.
L’ I rc T E N D A N T.
Non...,.
B A S I L E , ù Lucas,
Je le soupçonne à demi ,
Mon ami.
HORTENCE et ROSETTE.
Et moi , je le devine aussi ;
Le voicL
( Elles détachent leurs tabliers, )
( La lune se lève peu à pei. )
HORTENCE.
Même air.
' Pour mieux ressembler au patron ,
D’abord , je vous conseille De passer ce tablier...
L’ INTENDANT
Bon,
ROSETTE
Et cet autre
L’ INTENDANT
A merveille...,
ROSETTE
Prenez encor Cette croix d'or..,;
B AS Ih’B f fouillant à poche ^ ok émit k kumt du Chanomè Prenez ce bonnet Que man onçje
LUCAS
LUCAS, appercevant m croissant oublié parles ttavaillem. Moi , je veux vous crosser aussi ,
' De ceci.
L’ INTENDANT, souriant.
A la façon de harbari , grand merci.
îl saute dans la niche , et les jeunes gens se grouppent derrière la fontaine , en chantant sur la fin de lair précédent^
Voilà Saint-Nicolas! c’est lui I C’est bien lui I
( Avec V Intendant.')
A la façon de barbari,]
Mon ami.
( Dn entend la voiture de l’Intendant.)
Les précédens , LABKECHE , MATHURIN , GRIPON ci LE CHANOINE , dans la coulisse.
G R I P O N , bredouillant d’ivresse,
A I R : Les jésuites n’auront par la tour de Saint-Nicque , etc,
Cocher, sans répliqué,
Mettez-nous à bas.
LE CHANOINE
Nous n’avons plus que deux pas.,.;
Nous voyons Saint-Nicque, Nicque, Nicque.
DELABRECHE et MATHURIN.
Nous n’avons plus que deux pas,.,.
Tous les Quatre.
Nous voyons Saint-Nicolas.
DELABRECHE, entre et cherche sa maison", , Air: Elle est morte la vache à Panier.
Que par fois le clair de lune est gris J
Que la nuit rend les objets petits I
Mais pourtant je suis Près de mon logis.....
Holà , mes amis !
Mes bons amis !
Mes chers amis I
MATHURIN, dans la coulisse.
Un moment.... Qu’est-ce ? allez vous coucher...! Nous donnons, nous, pour boire au cocher.
DELABRECHE, à Mathurin qui garait, AiR: L'avc'i-vous vu mon bien aimé.
Lavez-vous vu Z
MATHURIN
Quoi ?
DELABRECHE.
Ma maison ,
Qui n’est plus à sa place.
MATHURIN
Mon cher , vous perdez la raison ,
Rangez-vous que je passe.
( Il va pour chercher sa maison. ) Eh! mais, vraiment, c’est singulier....
Oii diable est donc mon escalier l Descends, mon hls.... Viens, mon garçon.
Viens m’éclairer , de grâce....
DELABRECHE et MATHURIN, à Gripon qui entre. L’avez-vous vu ?
GRIPON.
Quoi !
DELABRECHE et MATHURIN,
Ma maison ,
Qui n’est plus à sa place.
GRIPON, d'un air riant.
Ce que c’est que l’effet du vin ,
Tous jdeux, vous cherchez Je cheiujn;
(Moi') Je pousse ma porte et soudaîn
Tout droit j’y i^àsse. (Ne rencontrant rien ^ il tomhi:
à plat ventre, )
Aye! ... Aye 1 voilà qui m’embarrasse..,^
Tous Us Trois , au Chanoine qui paraîh L’avez-vous vu l
LE CHANOINE
Quoi r . ,
Les Trois autres.
Ma maison ,
Qui n’est plus à sa place.
LE CHANOINE
Vous avez bu , mon cher Gripon ,
Il faut qu’on vous ramasse. ( Il le relève et vc^ ensuite pour chercher son logis. ) Quel brouillard î on ne s’y voit pas...
Je tâte en haut , je tâte en bas ;
J’ai beau marcher , à chaque pas ,
Mon mur s’efface. (5^ tournant du côté de la fontaine .y Mais pourtant je suis en face.
GRIPON J assis au bas de la fontaine j M ATHüRIN ; lui ad essant la parole ; LE CHANOINE , à l'Intendant , quil prend pour Saint-Nicolas ; et DELABRECHE, au publia sur h devant de la scène.
Passans , c’est une trahison ^
Qui pour le coup me lasse ,
N’auriez-vous point vu maison ,
Qui n’est plus à sa place l
LUCAS 5 sortant de derrière ta fontaînai AlR: Vive le vin, vive l’amour..
Tenez, mon père, il est certain Que vous avez d’un fort bon vin Prit une dose peu commune ;
Et cela fait que sur k brune ,
L’œil troublé,..,,
Lu quatre Vieux.
Mauvaises raisons, M ATHURÎN.
Quanti on a bu , Ton se voit deux maisons ,
Et je ne m’en vois pas même une.
Tc»w5 les Quatre répètent,.
Quand on a bu , etc.
HORTENCE et ROSETTE, sortant à leur tcuf de derrière la fontaine,
AîR: Du libéra de la Bourbonnaise.
C’est une ruse honnête Du saint dont c’est la fête..
Les Vieillards.
Du saint dont c’est la fête.
HORTENCE et ROSETTE.
II a mis dans sa tête Que l’on nous mariera....
Lts Vieillards.
Bah ! bah ! bah ! bah !
(Ils rient.')
Les Amoureux,
Voyez-îîe qui s’apprête...»
Les Vieillards.
Que je serais donc bête ,
Si je tournais la tête Pour regarder cela!
Ah ! ah ! ah ! ah !
Si je tournais la têts Pour regarder cela.
HORTENCEjà son père.
Vous doutez du mystère.
Que diriez-vous , mon père ? (èw.)
Si le saint débonnaire
Vous fait ce signe là? (Elle incline h tête, J
Les Vieux , haussant Us épaules,^ Ah I ah ! ah j ah 1
S’il le fait sans murmure ^
Nous allons tous eonclure...î;
Mais voyons donc cela ( t Intendant incline la
tête , cùmme la statue ^ dans le festin de pierre , et tous également demeurent pétrifiés , dans une attitude grotesque,')
Ah ! ah ! ah ! âh !
Quelle étrange avanture !
Quel miracle est cela !
Les Amoureux , éclatant de rire.
Ah î ah ! ah ! ah I La plaisante ügure Que tous quatre il font là ,
Ah ! ah ! ah ! ah !