‹ Le saint déniché, ou, La saint Nicolas d'étéChapitre 3 sur 15 · HORTENCE, LUCAS , ROSETTE, BASILE · texte numérisé non relu

HORTENCE, LUCAS , ROSETTE, BASILE

rof^s les quatre groupés autour de la fontaine. ^

HORTENCE.

A I R : Vivent les fillettes,

"Vive la fontaine,

Quand on se convient !

ROSETTE

Le hasard y mène ;

L’amour y retient.

Tous les Quatre.

Vive la fontaine, etc.

BASILE, à pan.

’ Mon oncle projette De me faire abbé ;

, ^îais j’aiir.e Lisette :

Qu’il est bien tombé!

Tous Us Quatre. '*

^ Vive la fontaine , etc, LUCAS, seul Et vous , belle Hortence ,

- Fille d’officier ,

Vous gardez constance Au fils d’un fermier.

Tous les Quatre , gagnant le milieu de ta scène, s Vive la fontaine , etc.

LUCAS , aux Amoureuses qui se rapprochent de la fontaine.

Air Bordelais : Vous qui de ma constance^ Mais qui peut vous distraire D’un entretien si doux ?

Ces bouquets-là , ma chère i Pour qui les baignez-vous l BASILE.

Gardez-vous ces fleurettes V- Pour nous récompenser ?

Ou dans vos colerettes ^

Devons-nous les placer ?

ROSETTE

Ces fleurs , cette couronne ,

Ni pour vous , ni pour nous :

C’est pour /le saint qui donne Quand il veut des époux, HORTENCE,

Saint Nicolas demande ’

-Que nous le fêtions tous : ,

S’il reçoit notre offrande tendrement. )

C’est pour vous , c’est pour nous.

Tous Us Quatre.

S’il reçois notre offrande , etc.

Pendant ce refrain , les amoureux aident leurs maîtresses è. monter sur la fontaine, Hortance place une couronne sur la tête du saint , et Rosette un gros bouquet à son côté.

Au dernier mot du couplet , Delabrêclie , Gripon , le Chanoine Mathurîn/onr du bruit ehei eux, et ouvrent tour à tour et brusquement leur fenêtre,

RO S E T T E , sautant à terre,

A I R : Aussitôt que je t'apperçois. .

O ciel ! qu’entends-je l HORTENCE^ faisant de même.

En ces instans ,

Ma frayeur est extrême.

ROSETTE et BASILE.

Mon oncle ouvre ses contre-vents. '

HORTENGE et LUCAS.

Mon père en fait de même.

Les amoureux se séparent et restent sans mouvement, DELABRECHE,àsiZ fenêtre.

Morbleu !

G R I P O N , Æ sa fenêtre.

Corbleu !

MATHÜRIN,àsa fenêtre.

Sambleu !

LE C H A N O 1 N E , à sa fenêtre.

Mon dieu ! .

Eh ! quoi , mon fils !

Quoi 1 mon neveu î....

/ GRIPON. >

Ma nièce !

/ Ma fille 1

Tous les Quatre. ,

Eh l mais , c’est donc un jeu ?

( I/s descendent. )

ENCE et ROSETT "E demivcix.

Ah!- quelle habiiude cruelle . ^

Ils ont de faire sentinelle ! *

B A S 1 L E , û Rosette,

Au fait

, un procureur.

HORTENCE,d Lucas.

' Au fait , un laboureur.

ROSETTE, à BasUè.,

Un vrai chanoine.

L ü C A S , à Kortence,

Un bon guerrier. ^

HORTENCE et ROSETTE, Sont matineux de leur métier.

Tous les Quatre,

Sont matineux de leur métier.

On répète depuis : Au fait, un procureur , etc.

Les précédens,DELABRECHE, GPJPON , LE CHANOINE , MATHURIN , sortant chacun de leur maison , et traînant un fauteuil antique , le premier , de tapisserie ; le second , de cuir noir , le troisième , de canne ; et le quatrième , de paille. Les amoureux vont au-devant J et les aident à placer leurs fauteuils près des portes de Itürs biaisons

'ante

ai vu naître

§ ;E jour à peine vient de naître;

Er pour jouir de sa fraîcheur ,

Q i vous croyait à la fenêtre Avant d’avoir invoqué son auteur?

Tous les Quatre ^ à Lurs parens.

Oui , vous deviez invoquer son auteur

delabreche.

Ai R : Du curé de Fompone.

Eh 1 mais , vraiment , rien n’est plus clair ,

C’est nous que l’on sermonne.

Si l’on veut prier en plein air ,

' Faut-il qu’on en raisonne l

Tous hs Quatre.

Ah !

L’on s’en souviendra Mets-toi ià,

J/.? indiquent le dos de leurs fauteuils.

Les quatre amoureux , à voix basse ^ vis-à-vis les uns des autres.^ ^ La place est encor bom e.

LE C H A M O I N’ E , assis.

AïB. : Si le roi m'avait donné.

J’ai mon brévi'ire à l’instant ^

Que du lit je m’ôte; ïl est vrai qu’en m’éveillant

Quelquefois j’en^saute. ^ ^

Mais d'abord c’est du latin ;

Puis , c’est imprimé si £n !

C’est la faute du latin , ' ,

" Ce n’est pas ma faute.

DELABRECHE, ûfif procureur.

Air : de M. E. H us.

Et vous, voisin, qu’elle esf vôtre manière l

Moi , ci-devant procureur en la cour,

Je me suis fait une courte prière ,

Que vous allez connaître à votre tour.

O providence 1 envers moi sois traitable :

Et, quelque jour , empêche, par pitié.

Maître Gripon d’arriver jusqu’au diable,

Auquel on l’a si souvent envoyé.

A I R : iVVn demandé^ pas d^avanta^.

Dieu , tant que j’ai pu labourer , Recevait au champ mon hommage;

J’en suis réduit à l’admirer ,

Dans Iss détails du jardinnage ;

Mais J ma foi ,

Je croi ,

Que îe ciel , de moi ,

N’en demande pas d’avantage. {dis.) .

DELABRECHE.

Air : De la forêt nohe. ( du Souterrain. } Et moi , mes bons amis , je mets

Un genou seul en terre ,

Tout comme autrefois je faisais

La veille d’une affaire. ^ ^

Vous autres , vous joignez les mains ;

Mais moi , plus fier , je dis au maître des humains :

Grand dieu ! vois un soldat , et fais pour lui , de grâce , (bisê) Ce qu’il ferait pour toi , s’il était à ta place, (his')

MATHüRIN, aux amoureux.

Air : La danse n’est pas ce ^ue j’aime.

Mais vous , enfans , qui vous arrête ?

Lss quatre amoureux quittant leurs places pour supplier leurs pârens.

Oh 1 nous prions saint Nicolas , Dont la fête a bien des appas !

HORTENCE et ROSEtTE, seules.

Protecteur d’un penchant honnête.

BASILE et LUCAS, câlinemem.

A fléchir un <

( pere

HORTENCE et ROSETTE, même.

Aussi nous le prions tout bas.

BASILE et LUCAS.

Tout haut.

HORTENCE et ROSETTE.

' Tout bas. '

BASILE et LUCAS.

Tout haut.

HORTENCE et ROSETTE.

Tout bas,

^ Les quatre Vieillards , d'un ton railleur^

Que je vous plains ! (^bis,') le saint n’entendra pas. (his.') Les quatre Amoureux.

Même air,

Unissez-nous !

, ^ Les quatre Vieillards.

Vaine requête ; ' ,

Rentrez. ,

Les Amoureux fe retirent doucement.

Rentrons.

^ G R 1 P O N , <ïu Chanoine,

Voisin !

LE CHANOINE

Hélas !

MATHURIN,à Delabrêche.

Je crains pour nous force embarras.

DELABRECHE.

Leur amour est sans doute honnête ;

Mais.... (i)

Tous les quatre.

J’en ai par-dessus la tête.

Ils en parlent..,..

Les trois autres Vieillards.

Tout haut.

Les Amoureux.

Tout bas.

(l) A ce mot , les Amoureux paraissent aux fenêtres leur maisont » d’oià ils se font des signes et s’euYoyeut des baisers.

LE CHANOINE, seul.

Moi , je les plains.

Les Amoureux , finement,

Plaignez-nous moins.

Les parens , sans ctianur et écoutant.

Hein Z

\ Les Amoureux.

Vous ne nous voyez pas.

Les parens ayant ef^tendu , et s’adressant la parole les uns auxautrs. Ils ne cesseront pas. j

Les Amoureux. \ ensemble.

Vous ne nous voyez pas. )

Les Vîelîards J se retournant du côté des Amoureux.

A I R : Chacun de nous a son devin.

Mais nous vous entendons , j’espère.

Les Amans disparaissent.

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