HORTENCE, LUCAS , ROSETTE, BASILE
rof^s les quatre groupés autour de la fontaine. ^
HORTENCE.
A I R : Vivent les fillettes,
"Vive la fontaine,
Quand on se convient !
ROSETTE
Le hasard y mène ;
L’amour y retient.
Tous les Quatre.
Vive la fontaine, etc.
BASILE, à pan.
’ Mon oncle projette De me faire abbé ;
, ^îais j’aiir.e Lisette :
Qu’il est bien tombé!
Tous Us Quatre. '*
^ Vive la fontaine , etc, LUCAS, seul Et vous , belle Hortence ,
- Fille d’officier ,
Vous gardez constance Au fils d’un fermier.
Tous les Quatre , gagnant le milieu de ta scène, s Vive la fontaine , etc.
LUCAS , aux Amoureuses qui se rapprochent de la fontaine.
Air Bordelais : Vous qui de ma constance^ Mais qui peut vous distraire D’un entretien si doux ?
Ces bouquets-là , ma chère i Pour qui les baignez-vous l BASILE.
Gardez-vous ces fleurettes V- Pour nous récompenser ?
Ou dans vos colerettes ^
Devons-nous les placer ?
ROSETTE
Ces fleurs , cette couronne ,
Ni pour vous , ni pour nous :
C’est pour /le saint qui donne Quand il veut des époux, HORTENCE,
Saint Nicolas demande ’
-Que nous le fêtions tous : ,
S’il reçoit notre offrande tendrement. )
C’est pour vous , c’est pour nous.
Tous Us Quatre.
S’il reçois notre offrande , etc.
Pendant ce refrain , les amoureux aident leurs maîtresses è. monter sur la fontaine, Hortance place une couronne sur la tête du saint , et Rosette un gros bouquet à son côté.
Au dernier mot du couplet , Delabrêclie , Gripon , le Chanoine Mathurîn/onr du bruit ehei eux, et ouvrent tour à tour et brusquement leur fenêtre,
RO S E T T E , sautant à terre,
A I R : Aussitôt que je t'apperçois. .
O ciel ! qu’entends-je l HORTENCE^ faisant de même.
En ces instans ,
Ma frayeur est extrême.
ROSETTE et BASILE.
Mon oncle ouvre ses contre-vents. '
HORTENGE et LUCAS.
Mon père en fait de même.
Les amoureux se séparent et restent sans mouvement, DELABRECHE,àsiZ fenêtre.
Morbleu !
G R I P O N , Æ sa fenêtre.
Corbleu !
MATHÜRIN,àsa fenêtre.
Sambleu !
LE C H A N O 1 N E , à sa fenêtre.
Mon dieu ! .
Eh ! quoi , mon fils !
Quoi 1 mon neveu î....
/ GRIPON. >
Ma nièce !
/ Ma fille 1
Tous les Quatre. ,
Eh l mais , c’est donc un jeu ?
( I/s descendent. )
ENCE et ROSETT "E demivcix.
Ah!- quelle habiiude cruelle . ^
Ils ont de faire sentinelle ! *
B A S 1 L E , û Rosette,
Au fait
, un procureur.
HORTENCE,d Lucas.
' Au fait , un laboureur.
ROSETTE, à BasUè.,
Un vrai chanoine.
L ü C A S , à Kortence,
Un bon guerrier. ^
HORTENCE et ROSETTE, Sont matineux de leur métier.
Tous les Quatre,
Sont matineux de leur métier.
On répète depuis : Au fait, un procureur , etc.
Les précédens,DELABRECHE, GPJPON , LE CHANOINE , MATHURIN , sortant chacun de leur maison , et traînant un fauteuil antique , le premier , de tapisserie ; le second , de cuir noir , le troisième , de canne ; et le quatrième , de paille. Les amoureux vont au-devant J et les aident à placer leurs fauteuils près des portes de Itürs biaisons
'ante
ai vu naître
§ ;E jour à peine vient de naître;
Er pour jouir de sa fraîcheur ,
Q i vous croyait à la fenêtre Avant d’avoir invoqué son auteur?
Tous les Quatre ^ à Lurs parens.
Oui , vous deviez invoquer son auteur
delabreche.
Ai R : Du curé de Fompone.
Eh 1 mais , vraiment , rien n’est plus clair ,
C’est nous que l’on sermonne.
Si l’on veut prier en plein air ,
' Faut-il qu’on en raisonne l
Tous hs Quatre.
Ah !
L’on s’en souviendra Mets-toi ià,
J/.? indiquent le dos de leurs fauteuils.
Les quatre amoureux , à voix basse ^ vis-à-vis les uns des autres.^ ^ La place est encor bom e.
LE C H A M O I N’ E , assis.
AïB. : Si le roi m'avait donné.
J’ai mon brévi'ire à l’instant ^
Que du lit je m’ôte; ïl est vrai qu’en m’éveillant
Quelquefois j’en^saute. ^ ^
Mais d'abord c’est du latin ;
Puis , c’est imprimé si £n !
C’est la faute du latin , ' ,
" Ce n’est pas ma faute.
DELABRECHE, ûfif procureur.
Air : de M. E. H us.
Et vous, voisin, qu’elle esf vôtre manière l
Moi , ci-devant procureur en la cour,
Je me suis fait une courte prière ,
Que vous allez connaître à votre tour.
O providence 1 envers moi sois traitable :
Et, quelque jour , empêche, par pitié.
Maître Gripon d’arriver jusqu’au diable,
Auquel on l’a si souvent envoyé.
A I R : iVVn demandé^ pas d^avanta^.
Dieu , tant que j’ai pu labourer , Recevait au champ mon hommage;
J’en suis réduit à l’admirer ,
Dans Iss détails du jardinnage ;
Mais J ma foi ,
Je croi ,
Que îe ciel , de moi ,
N’en demande pas d’avantage. {dis.) .
DELABRECHE.
Air : De la forêt nohe. ( du Souterrain. } Et moi , mes bons amis , je mets
Un genou seul en terre ,
Tout comme autrefois je faisais
La veille d’une affaire. ^ ^
Vous autres , vous joignez les mains ;
Mais moi , plus fier , je dis au maître des humains :
Grand dieu ! vois un soldat , et fais pour lui , de grâce , (bisê) Ce qu’il ferait pour toi , s’il était à ta place, (his')
MATHüRIN, aux amoureux.
Air : La danse n’est pas ce ^ue j’aime.
Mais vous , enfans , qui vous arrête ?
Lss quatre amoureux quittant leurs places pour supplier leurs pârens.
Oh 1 nous prions saint Nicolas , Dont la fête a bien des appas !
HORTENCE et ROSEtTE, seules.
Protecteur d’un penchant honnête.
BASILE et LUCAS, câlinemem.
A fléchir un <
( pere
HORTENCE et ROSETTE, même.
Aussi nous le prions tout bas.
BASILE et LUCAS.
Tout haut.
HORTENCE et ROSETTE.
' Tout bas. '
BASILE et LUCAS.
Tout haut.
HORTENCE et ROSETTE.
Tout bas,
^ Les quatre Vieillards , d'un ton railleur^
Que je vous plains ! (^bis,') le saint n’entendra pas. (his.') Les quatre Amoureux.
Même air,
Unissez-nous !
, ^ Les quatre Vieillards.
Vaine requête ; ' ,
Rentrez. ,
Les Amoureux fe retirent doucement.
Rentrons.
^ G R 1 P O N , <ïu Chanoine,
Voisin !
LE CHANOINE
Hélas !
MATHURIN,à Delabrêche.
Je crains pour nous force embarras.
DELABRECHE.
Leur amour est sans doute honnête ;
Mais.... (i)
Tous les quatre.
J’en ai par-dessus la tête.
Ils en parlent..,..
Les trois autres Vieillards.
Tout haut.
Les Amoureux.
Tout bas.
(l) A ce mot , les Amoureux paraissent aux fenêtres leur maisont » d’oià ils se font des signes et s’euYoyeut des baisers.
LE CHANOINE, seul.
Moi , je les plains.
Les Amoureux , finement,
Plaignez-nous moins.
Les parens , sans ctianur et écoutant.
Hein Z
\ Les Amoureux.
Vous ne nous voyez pas.
Les parens ayant ef^tendu , et s’adressant la parole les uns auxautrs. Ils ne cesseront pas. j
Les Amoureux. \ ensemble.
Vous ne nous voyez pas. )
Les Vîelîards J se retournant du côté des Amoureux.
A I R : Chacun de nous a son devin.
Mais nous vous entendons , j’espère.
Les Amans disparaissent.