‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 32 sur 133 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Parmi ceux qui, en août 180G, lurent dans les journaux européens que l'empereur François II venait d'annoncer à la Diète qu'il déposait la couronne impériale, bien peu sans doute réfléchirent que la plus vieille institution politique du monde venait de linir. Pourtant il en était ainsi. L'Empire anéanti par le protocole d'un diplomate rédigé sur les rives du Danube, c'était celui-là même que l'astucieux neveu de Jules avait conquis sur les forces de l'Orient, au pied des falaises d'xictium, et qui avait réussi à conserver presque intacts, pendant dix-huit siècles, malgré les changements les plus considérables dans son étendue, sa puissance et son caractère, un titre et des prétentions dépourvus depuis longtemps de toute espèce de sig-nification. Rien ne

rattachait aussi directement l'ancien monde au nouveau, rien n'offrait autant de contrastes étranges entre le présent et le passé, et ne résumait dans ces contrastes une plus vaste portion de l'histoire de l'Europe. Depuis Constantin jusqu'à une époque avancée du moyen âge, il fut, de concert avec la Papauté, le centre reconnu et comme la tête de la chrétienté, et il exerça sur l'esprit des hommes une influence telle que sa force matérielle n'eût jamais pu lui en assurer une pareille. (Test de cette influence et des causes qui la rendirent si puissante. })lutôt que de l'iiistoire extérieure de l'Empire, qu'on s'est proposé de traiter dans les pages suivantes. Cette histoire est à coup sûr pleine d'intérêt et d'éclat,abonde en grands caractères et en situations saisissantes; mais c'est un trop vaste sujet pour un seul tableau. Sans les détails minutieux qui la dramatisent et nous inspirent pour les acteurs qu'elle met en scène de vivantes sympathies, une narration historique n'a que peu de valeur, et encore moins de charme. Mais retracer avec quelque minutie la destinée de l'Empire, ce serait écrire l'histoire de la chrétienté depuis le y'' jusqu'au xu" siècle, celle de l'Allemagne et de l'Italie depuis le xu'^ jusqu'au xix". Un récit même dont l'objet serait plus restreint, où l'on s'eft'orcerait de dég-ager de l'ensemble des affaires de ces deux pays les événements qui appartiennent en propre à l'histoire impériale, serait difficilement réduit à des proportions raisonnables. Il vaut donc mieux borner son ambition, entreprendre une tâche

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