‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 43 sur 133 · Apud Pertz, M. G.H.I · texte numérisé non relu

Apud Pertz, M. G.H.I

7â LE SAINT EMPIRE ROMAIN GERMANIQUE

qui suit a été écrite par un Romain, probablement une cinquantaine ou une soixantaine d'années après l'événement. Elle est extraite de la vie de Léon III, dans les Vitœ Pontificimi ro/nanorifm, attribuées au bibliothécaire papal Anastase :

« Après ces choses vint le jour de la naissance de (( Notre-Seigncur Jésus-Christ, et tout le monde se <( rassembla de nouveau dans la susdite basilique du « bienheureux apôtre Pierre : et alors, le gracieux <( et vénérable pontife couronna de ses propres mains (( Charles d'une couronne très précieuse. Alors tout « le fidèle peuple de Rome, voyant comme il défen- « dait et comme il chérissait la sainte Eglise romaine « et son vicaire, se mit, par la volonté de Dieu et « du bienheureux Pierre, le gardien des clefs du « royaume céleste, à crier d'un seul accord et très « haut : « A Charles, le très pieux Auguste, couronné (' par Dieu, le g-rand et pacifique Empereur, longue « vie et victoire! » Tandis que lui, devant la sainte « châsse du bienheureux apôtre Pierre, il invoquait « divers saints, il fut proclamé trois fois et tous le « choisirent comme empereur des Romains. Là- « dessus, le très saint pontife oignit Charles de l'huile »( sainte, et semblablement son très excellent fils qui « devait être roi, le jour même de la naissance de « notre Seigneur Jésus-Christ; et quand la messe fut « iinie, alors après la messe le sérénissime seigneur « Empereur offrit des présents '. »

1. Vit,T Po7i(if., in Mur., S. l\. I. — L'auteur, en rapportant l'ac-

l'empire et la politique de CHâRLEMAGNE 73 Ces trois relations n'ofîrent , quant aux faits , aucune difïérence sérieuse, bien que le prêtre romain, comme il est naturel, rehausse l'importance du rôle joué par le pape; tandis que les Germains, trop portés à prêter à Févénement une allure rationnelle, parlent d'un synode du clergé, d'une consultation du peuple et d'une requête formelle adressée à Ciiarles, toutes choses que le silence d'Eginhard à ce sujet aussi bien que les autres circonstances du fait nous interdisent de prendre au pied de la lettre. De même le Liber Pontificalls omet l'adoration rendue par le pape à l'Empereur, sur laquelle la plupart des annales frankes insistent de façon à la mettre hors de doute. Cependant l'impression que laissent les trois récits est au fond la même. Elles montrent, toutes trois, combien il est peu facile d'attribuer à tout ceci un caractère de stricte lég'alité. Le roi frank ne saisit pas la couronne de son propre chef, mais la reçoit plutôt comme si elle lui revenait naturellement, comme la conséquence légitime de l'autorité qu'il exerçait déjà. Le pape la lui donne, mais non en vertu d'un droit quelconque qui lui appartienne en propre comme chef de l'Église ; il est seulement l'instrument de la providence divine, qui a, sans conteste, désigné Charles comme la personne la plus propre à défendre et à diriger la société chrétienne. Le peuple romain ne choisit ni ne nomme formellement, mais par ses acclamations accepte le chef qu'on lai présente. Il

clamation du peuple, omet le mot « Romanoriim » que les autres annalistes placent après « imperatori ».

faut concevoir l'acte comme ordonné clirectcment par la Providence, qui a amené les choses à un point tel qu'il n'y a plus qu'une solution possible, et qu'il faut bien que roi, prêtre et peuple se résignent à la subir, renonçant à leurs ambitions personnelles, à leurs passions, à leurs intrigues, et saisis d'un respect religieux en présence de ce qui semble une intervention immédiate du Ciel, Et comme aussi bien le résultai est également souhaité d'eux tous , sans songer à s'enquérir de leurs droits respectifs, et tenant leur harmonie momentanée p(3ur naturelle et nécessaire, ils ne s'inquiètent nullement des difficultés et des conflits qui vont surgir d'une situation qui paraissait alors si simple. Ce fut justement à cause de l'indétermination où toutes choses furent ainsi laissées, reposant, non sur des stipulations expresses, mais plutôt sur une sorte d'entente mutuelle , sur une conformité de croyances et de désirs qui ne prévoyaient aucun mal, que cet événement prêta avec le temps à tant d'interprétations différentes. Quatre siècles phis tard, lorsque la Papauté et l'Empire se furent laissé entraîner à cette lutte mortelle qui décida de leur sort commun, trois théories distinctes relatives au couronnement de (^barles seront défendues par trois partis différents, toutes trois plausibles, toutes trois à certains égards trompeuses. Les empereurs souabes regardèrent la couronne comme une 4'onquèle de leur grand prédécesseur et en conclurent que les citoyens et l'évèque de Rome n'avaient aucun droit sur eux. Le parti patriote parmi les Romains,

l'empire et la politique de CHâRLEMAGNE 7a eu appelant à l'histoire des origines de l'empire , déclara que, sans racquieseement du sénat et du peuple, aucun empereur ne pouvait être fait légalement, puisqu'il n'était que leur premier magistrat el le dépositaire passager do leur autorité. Les papes signalèrent le fait indiscutable du couronnement par la main de Léon et soutinrent qu'en qualité de vicaire (le Dieu sur la terre, c'était alors son droit et ce sérail toujours le leur d'accorder à qui il leur plairait un office dont le titulaire n'avait été créé que pour être leur serviteur. De ces trois points de vue, le dernier prévalut en définitive, quoiqu'il ne soit pas mieux fondé que les deux autres, pour tout esprit impartial, à renfermer l'entière vérité. Il n'y eut ni conquête de Charles, ni don du pape, ni élection du peuple. De même qu'il était sans précédent, l'acte était illégal ; ce fut une révolte de l'ancienne capitale de l'Occidenl contre sa sœur devenue sa maîtresse; l'exercice du droit sacré à l'insurrection, justifiée par la faiblesse et la perversité des princes byzantins, sanctifiée aux yeux du monde par la sanction du ministre de Jésus- Christ, mais sans fondement juridique et incapable d'en établir un pour l'avenir.

C'est une question intéressante et quelque peu embarrassante de savoir jusqu'à quel point la scène du couronnement, dont les circonstances furent si imposantes et les résultats si graves, fut préméditée entre ceux qui y participèrent. Eginhard nous dit que Charles avait coutume de déclarer que, même pour une si grande fête, il ne serait pas entré dans l'église s'il

avait su les intentions du pape. Le monarque eùt-il fait un mensonge, qu'il est douteux que son secrétaire l'eût jugé digne d'être noté si longtemps après la disparition des causes qui avaient pu le motiver. Du motif allégué le plus communément, à savoir la crainte de mécontenter les Franks, dont les libertés pouvaient sembler menacées, on ne trouve que peu ou point de preuves dans les récits du temps, qui dépeignent la nation se réjouissant de la nouvelle dig-nité de son clief comme d'un accroissement de grandeur pour elle. Nous ne pouvons pas non plus supposer que le désaveu de Charles eût pour but d'adoucir l'olTense faite à l'orgueil des princes byzantins, dont il n'avait rien à redouter et qui ne devaient pas être plus portés à reconnaître sa nouvelle dignité, eussentils été convaincus qu'il ne l'avait pas recherchée. Il est difficile cependant tladmeltre (|ue tout ceci se soit fait à l'improviste : c'est, en effet, le but où tendait, depuis de nombreuses années, la politique des rois franks; et Charles, lui-même, en se faisant précéder à Rome par tant de grands personnages ecclésiastiques et laïques de son royaume, en y rappelant son fils Pépin, qui guerroyait alors contre les Lombards de Bénévent, a montré qu'il espérait de ce voyage à la ville impériale un résultat peu ordinaire. Alcuin, en outre, Alcuin d'York, le premier ministre de Charles en matière de religion et de littérature, paraît, d'après une des lettres de lui qui se sont conservées, avoir envoyé, comme cadeau de Noèl, à son royal élève un exemplaire des saintes Ecritures soigneusement trans-

l'empire et la politique de charlemagne 77 crit et superbement orné, portant ces mots : « Ad splendorem imperialis poteiitiœ » ; ce qu'on a généralement tenu pour la preuve décisive que le plan avait été arrêté d'avance; et cela serait évident, si l'on n'avait quelques raisons de fixer à la lettre une date antérieure et de regarder le terme « imperialis » comme une pure fleur de rhétorique ^ Il faut donc accorder plus de poids aux arguments tirés de la nature même des faits. Le pape, quelle que fût sa confiance dans la sympathie du peuple, ne se serait jamais hasardé à faire une démarche aussi importante sans s'être assuré au préalable des dispositions du roi, et il n'est guère possible qu'un acte auquel l'assemblée était évidemment préparée ait été gardé secret. Ouoi qu'il en soit, la déclaration de Charles lui-même subsiste, et on ne saurait l'attribuer à un pur motif de dissimulation. On sera plus juste envers lui et, en somme, on raisonnera mieux, en supposant que Léon, après s'être éclairé sur les vœux du clergé et du peuple romain et sur ceux des grands personnages franks, résolut de profiter de l'occasion et du lieu qui s'offraient si favorablement pour réaliser le plan qu'il méditait depuis si longtemps, et que Cdiarles, entraîné par l'enthousiasme du moment et voyant dans le pontife le prophète et l'instrument de la volonté divine, accepta une dignité qu'il eût peut-être préféré recevoir un peu plus tard ou de quelque autre façon. Si donc on adoptait une conclusion positive, ce devrait

1. Lorentz, Leben Alcuins. — Cf. aussi Dullinger, Das Kaiserthum Karls des Grossnn und seiner Nachfolger.

être que Charles, bien qu'il eût donné au projet une adhésion plus ou moins vague, fut surpris et déconcerté par son exécution subite, qui interrompait l'ordre soigneusement étudié de ses propres desseins. Et quoiqu'un événement qui changea l'histoire du monde ne doive être considéré en aucun cas comme un accident, il peut fort bien avoir eu, pour les spectateurs franks ou romains, l'air d'une surprise. Car il n'y avait point de préparatifs visibles dans l'église ; le roi ne fut pas, comme plus tard ses succosseurs teutoniques, conduit en procession au trône pontifical : tout d'un coup, à l'instant même où il sortait de l'enfoncement sacré où il s'était agenouillé parmi les lampes toujours allumées devant la plus sainte des reliques chrétiennes, — le corps du prince des apôtres, — les mains du représentant de cet apôtre posaient sur sa tète la couronne de gloire et répandaient suilui rimile qui sanctifie. Ce spectacle était fait pour remplir l'âme des assistants d'une profonde émotion religieuse, à la pensée que la divinité était présente au milieu d'eux, et pour leur inspirer de saluer celui que cette présence semblait consacrer presque visiblement du nom de « pieux et pacifique Empereur, couronné par Dieu ».

Eginhard attribue la répugnance de Charles à prendre le titre impérial à la crainte de provoquer la jalouse hostilité des Grecs, qui non seulement pouvaient lui dénier les droits qu'il y prétendait, mais étaient encore en mesure de fomenter des troubles dans ses possessions en Italie. Cette explication

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admise, la difficulté n'en subsiste pas moins grande de concilier cette répugnance avec ceux de ses actes ([ui montrent clairement qu'il visait à la couronne romaine. Une solution ingénieuse et probable, sinon certaine, nous est suggérée par un récent historien ', qui conclut, après un minutieux examen de la politique antérieure de Charles, que tandis qu'obtenir la couronne du monde était le principal objectif de son règne, il prévit en même temps l'opposition de la cour orientale et l'absence de légalité dont son titre, par suite, allait être entaché. Il s'appliqua donc à obtenir des Byzantins, s'il était possible, qu'ils lui cédassent leur couronne, ou sinon qu'ils reconnussent du moins la sienne; et il semble qu'il ait espéré y arriver grâce aux négociations qui furent entretenues quelque temps à ce sujet avec l'impératrice Irène. C'est juste alors qu'intervint le couronnement par le pape Léon, qui interrompit ces plans profondément concertés, irrita la cour d'Orient et obligea Charles à prendre la position d'un rival qui ne peut plus avec dignité adopter un ton caressant ou soumis. Il ne semble pas toutefois, et même alors, avoir abandonné l'espoir d'obtenir une reconnaissance pacifique. Les crimes d'Irène ne l'empêchèrent pas, si nous en croyons Théophane -, de rechercher sa main. Et lorsque le projet d'unir

1. Voyez le très savant et très intéressant traité du docteur von Dollinger, intitulé Das Kaisertlium Karls des Grossen und seine r Xachfolge?-.

2. 'AiîoxptG''.âpto'. uapà Kapo-JX/o'j y.a't Aiovxo; aiToûaivo: ^z'jybr^'jx', a'jTrjV TÔ) Kapo'j)./,(i) npb; Yâ[xov y.a\ Ivwjai Ta 'Ewa y.a"'. r'x 'Ey-ipta. Tliéoph., Chron., in Corp. script, hist. Bi/z.

ainsi rOrieiit et rOccident ou un seul empire, déjoué quelque temps par l'oppositiou de son ministre .Edus, avorta tout à fait par suite de sa chute et de son exil, Charles ne rompit pas avec sa politique conciliatrice jusqu'à ce qu'il eût enfin arraché aux souverains de Byzance, Michel et Nicéphore ', un maussade acquiescement plus encore qu'un aveu officiel de son titre.

A supposer que Léon eut agi d'une façon moins précipitée, Charles aurait-il jamais obtenu qu'on lui cédât la couronne ou qu'on reconnût aux Romains le droit de la conférer? Cela est extrêmement douteux. Mais il est clair qu'il raisonnait juste en estimant très haut l'importance de ces formalités légales, car leur absence fut le véritable point faible de sa puissance et de celle de ses successeurs. Pour montrer comment il en fut ainsi, il faut revenir aux événements de l'an 476. L'extinction de l'empire d'Occident dans cette même année et sa restauration en 800 ont été l'une et l'autre fort généralement mal comprises dans les temps modernes , et quoique la méprise n'ait pas, en un certain sens, d'importance pratique, elle contribue toutefois à jeter de la confusion dans l'histoire et à nous empêcher de démêler les idées des hommes qui remplirent un rôle dans ces deux occasions. Lorsqu'Odoacrc contraignit Romulus Augustule à abdiquer, il n'abolit pas l'empire d'Occident en

1. Leurs ambassadeurs le saluèrent enfin du titre désiré. « Laudes ei dixenint, imperatorem eum et basileum appellantes. « — Eginh., A7in., an 812.

l'empire et la politique de charlemagne 81 lant quo ])oiivoir distinct; mais il le força à se réunir à l'empire d'Orient, à s'y absorber. Dès lors il n'y eut plus, comme avant Dioclétien, qu'un empire romain unique et sans partage. En l'an 800,1e souvenir même de l'empire spécial d'Occident, tel qu'il s'était maintenu depuis la mort de Théodose jusqu'à Odoacre, s'était, à ce qu'il semble, depuis longtemps perdu, et ni Léon, ni Charles, ni aucun de leurs conseillers ne rêvaient de le ressusciter. Eux aussi, comme leurs prédécesseurs, ils considéraient l'Empire romain comme un et indivisible et se proposaient, par le couronnement du roi frank, non de proclamer la séparation de l'Orient et de l'Occident, mais, au rebours de Constantin, de restituer à la vieille Rome son rang de capitale civile et ecclésiastique de l'Empire qui portait sou nom. L'acte était en lui-même illégal, mais ils cherchèrent à lui donner toutes les apparences de la légalité : ils protestèrent, et crurent jusqu'à un certain point qu'ils ne se révoltaient pas contre un souverain régnant, mais qu'ils remplissaient légitimement la place laissée vacante par la déposition de Constantin VJ, pendant que le peuple de la ville impériale exerçait son ancien droit d'élection et l'évêque son droit de consécration.

Leur dessein ne s'accomplit qu'à demi. Ils purent créer, mais non détruire : ils se donnèrent un empereur à eux-mêmes, dont les représentants gouvernèrent l'Occident; mais Constantinople garda ses vieux souverains, et la chrétienté vit dès lors deux dynasties impériales, non plus comme avant 476, unies

pour le gouvernement du même royaume, mais rivales, ennemies, s'accusant mutuellement d'imposture, prétendant chacune exclusivement à la vraie et légitime souveraineté sur l'Égiise et le monde chrétien. Aussi, bien qu'il nous faille constamment parler, pendant les sept siècles suivants (jusqu'en 1453, où Constantinople tomba au pouvoir des Musulmans), d'un empire d'Orient et d'un empire d'Occident, ces termes ne sontils pas rigoureusement exacts et eussent-ils été certainement repoussés par l'une et l'autre cour. Les Byzantins les repoussèrent toujours * ; les Latins le plus ordinairement, quoique, par égard pour les faits, ils consentissent parfois à les employer eux-mêmes. Mais leur théorie ne varia pas. Charles fut tenu pour le légitime successeur , non de Romulus Augustule , mais de Léon IV, d'Héraclius, de Justinien, d'Arcadius et de toute la dynastie orientale; et de là vient que, dans les annales de cette époque et de bien des siècles qui suivirent, le nom de Constantin VI, le soixante-septième de la série qui commence par celui d'Auguste, est immédiatement suivi de celui de Cliarlemagno, le soixante-huitième.

Le maintien d'une dynastie impériale chez les Romains d'Orient fut une protestation permanente contre la validité du titre de Charles. Leur hostilité toutefois n'était guère redoutable, et il semblait aux yeux du monde avoir pris leur place et ajouté à la

1. Quoiqu'ils concédassent acciclenfeilement le titre d'empereur au souverain teutonique : comme dans l'exemple cité dans la note 1, p. 80.

l'empire et la politique de charlemagne 83 puissance qu'il possédait déjà la dignité Iraditionnello qui leur avait appartenu. Rome et le nord de ritalie cessèrent dorénavant de reconnaître la suprématie de Byzance ; et tandis que les princes orientaux payaient aux musulmans un honteux tribut, l'empereur frank — comme chef reconnu de la chrétienté — recevait du patriarche de Jérusalem les clefs du Saint- Sépulcre et la bannière du Calvaire, et en don du roi de Perse, Harun, selon Eginhard, le Saint-Sépulcre lui-même '. De cet échange de relations pacifiques avec le grand khalife, les poètes firent une croisade. Dans l'étendue de ses propres possessions, son autorité prenait un caractère plus sacré. Grâce à une activité que rien ne lassait et qui embrassait tout, il avait pu déjà, d'un bout à l'autre de son règne, se montrer administrateur ecclésiastique non moins que civil, convoquant et présidant des conciles, examinant et nommant des évèques, réglant par des capitulaires les points les plus infimes de la discipline et de la constitution de l'Église. Un synode réuni à Francfort, en 794, condamna les décisions du second concile de Nicée , qui avaient été approuvées par le pape Hadrien, censura en termes violents la conduite des souverains byzantins qui les avaient suggérées, et, sans exclure les images de l'Église, interdit absolument le culte et même la vénération dont elles étaient l'objet. Charles non seulement présida ce synode et en dirigea les délibérations, bien que les

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