‹ Le Saint empire romain germanique et l'Empire actuel d'AllemagneChapitre 44 sur 133 · Haruu-al-Raschid; Éginh.. Vita Karoii, chap. xvi · texte numérisé non relu

Haruu-al-Raschid; Éginh.. Vita Karoii, chap. xvi

légats du pape y fussent présents, mais il fit encore rédiger un traité qui en exposait les conclusions et en prescrivait l'application; il pressait aussi Hadrien de déclarer hérétique Constantin YI, pour avoir avancé des doctrines auxquelles Hadrien lui-même avait donné sa confirmation. Il existe des lettres de lui dans lesquelles il sermonne le pape Léon sur un ton de supériorité aisée, l'avertit d'obéir aux saints canons, et l'engage à prier ardemment pour le succès des efforts que le monarque est tenu de faire pour soumettre les païens et établir de saines doctrines au sein de l'Église. Les papes suivants, qui plus est, admirent et applaudirent eux-mêmes * la surintendance despotique qu'il avait pris l'habitude d'exercer en matière spirituelle, et qui lui fit donner plaisamment par quelqu'un le titre accordé jadis au pape en personne d' « Episcopus episcoporum ».

Alors qu'il agissait et s'exprimait de la sorte n'étanl encore que roi , on pense aisément que Charles n'avait pas besoin d'un titre nouveau pour justifier son pouvoir. C'était, en réalité, tout le contraire. Le titre impérial devait être la conséquence nécessaire de ce qu'il avait déjà fait : l'attitude de protection et de contrôle qu'il occupait vis-à-vis de l'Eglise et du Saint-Siège appartenait, selon les idées du temps, spécialement et uniquement à un empereur. Aussi son couronnement n'était-il que le juste complément et la légitimation de son autorité, qu'il

i. Par exemple, le pape Jean VIII. daus un document cité par Waitz, Deutsche Verfusiuni^sr/eschichte, III.

l'empire et la politique de CHâRLEMAGNE 8o sancLifiait plus qu'il no l'accroissait. Nous possédons toutefois un témoignage de l'importance remarquable qu'on attachait au titre impérial, et du surcroît de puissance que son office lui semblait en avoir retiré. Dans une grande assemblée qui eut lieu à Aix-la- Chapelle en 802, l'Empereur, nouvellement couronné, passa en revue les lois de toutes les races qui lui obéissaient, s'etïorçant de les corriger et de les mettre en harmonie, et promulgua un capitulaire dont le sujet et le ton sont singuliers '. Toutes les personnes dans l'étendue de ses possessions , aussi bien ecclésiastiques que civiles, qui lui ont déjà prêté serment de fidélité comme roi, y reçoivent l'ordre de lui prêter un nouveau serment comme César; et tous ceux qui n'ont pas encore prêté de serment, jusqu'à l'âge de douze ans, devront lui prêter maintenant celui-là. (' Par la même occasion, on expliquera publiquement quelle est la force et le sens de ce serment, et tout ce qu'il renferme de plus qu'une simple promesse de fidélité à la personne du monarque. Premièrement, il oblige tous ceux qui le prêtent à vivre, chacun en particulier et tous en général, selon sa force et ses lumières, au saint service de Dieu ; puisque le seigneur Empereur ne peut étendre sur eux tous sa sollicitude et sa règle. Secondement, il leur enjoint de ne saisir par force ou par fraude, ni de molester aucun des biens ou des serviteurs de sa couronne. Troisièmement, de ne commettre aucune violence et

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